A peine eurent-ils franchi ...

Publié le par Sandrine

A peine eurent-ils franchi le seuil de la salle de prières qu'Edouard, la mine sombre, s'avança vers les gendarmes pour les saluer.
"Je suppose que vous venez vous assurer que j'ai bien accompli ma mission? demanda-t-il en se composant le visage du martyr devant le bourreau.
- Non, répondit Nathan. Nous vous faisons confiance. C'est une autre raison qui nous amène aujourd'hui.
- Une autre victime? s'affola-t-il.
- Non. Et si nous avons de la chance, il n'y en aura pas d'autre. Cependant, nous sommes dans l'urgence la plus absolue et nous venons vous demander votre concours.
- Que puis-je faire pour vous?
- Toutes les pistes que nous avons suivies mènent à votre communauté, mentit Nathan avec conviction. Nous sommes intimement persuadés que ceux qui cherchent à vous nuire sont parmi vous."
Edouard, buté, nia de la tête.
" Je vous ai déjà expliqué que c'est impossible...
- Malheureusement, nous ne pouvons nous permettre d'écarter cette hypothèse, reprit Jacques. Nous serions ravis de laver vos membres de tout soupçon mais il faut pour cela procéder à quelques vérifications... il faudrait que vous nous communiquiez les identités...
- Non! refusa-t-il, horrifié. C'est hors de question! Ce serait bafouer la liberté de culte, insulter les fidèles... ce n'est même pas envisageable une seconde! Rendez-vous compte: le gouvernement nous a désignés comme étant membres d'une secte dangereuse, alors vous fournir un listing en bonne et due forme... aucun de nous n'acceptera jamais de s'exposer de la sorte!
- Même pour sauver vos vies? Etes-vous conscient que le tueur profite pleinement de cet univers en vase clos que vous entretenez?
- Ce n'est pas un univers clos, messieurs! Nos réunions sont totalement gratuites et ouvertes à tous!
- Nous ne faisons que vous proposer de vous protéger, monsieur. Quand bien même vous nous fourniriez cette liste, elle restera confidentielle et la loi informatique et liberté vous permet de garder le contrôle: vous pouvez décider à tout moment de nous demander de la détruire.
- Non, vraiment, c'est impossible. Je suis navré de vous avoir fait perdre votre temps, mais je ne peux trahir ainsi mes amis.", insista-t-il avant de s'éloigner pour signifier que l'entretien était clos.

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Publié dans La Clef de sept

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