A peine eut-elle le temps de prendre une douche rapide...

Publié le par Sandrine

A peine eut-elle le temps de prendre une douche rapide que la sonnette retentit. Elle soupira d’agacement et ouvrit, résignée. Les mères de Tom et Christian lui faisaient face, l’air compatissant.
«- Nous sommes venues vous présenter nos condoléances et vous demander si nous pouvions vous être utiles.
Lui dit la mère de Tom qu’elle reconnut à ses cheveux blonds et aux tâches de rousseur qui mouchetaient ses joues.
- Comment vont les petits? S’enquit Samira qui se sentait coupable de les avoir précipités dans un deuil qu’ils étaient de toute évidence trop jeunes pour supporter.
- Ils sont tristes mais ils vont bien. Lui répondit la mère de Christian. Samira plongea son regard dans les yeux bleus de la femme brune qui mesurait pourtant une bonne tête de plus qu’elle et n’y lut aucune trace d’hypocrisie. Satisfaite, elle hocha imperceptiblement la tête.
- Puis-je vous offrir un café? Leur demanda-t-elle. Les deux femmes se consultèrent du regard et acceptèrent d’un petit mouvement de tête. Alors que le liquide noir s’écoulait lentement à travers le filtre, un silence pesant s’installa dans le petit salon chaleureux impeccablement tenu malgré la vétusté du mobilier.
- Pardonnez ma question, mais comment se fait-il que Gauthier se soit retrouvé mêlé à tout cela alors qu’il a toujours été si sage? L’interrogea Sylvie en détournant ses yeux bleus.
- Je n’en sais rien. J’ai l’impression d’être ivre. Depuis qu’il n’est plus avec moi, rien n’a plus de sens.
- Avez-vous pensé à contacter une assistante sociale pour effectuer les démarches pour les obsèques? Samira nia de la tête.
- Non et ça m’aurait été impossible. Les services sociaux n’assurent pas de permanence le week-end.
- Nous pourrions peut-être vous accompagner à la mairie demain matin. Je crois savoir que vous ne conduisez pas…
- Je ne voudrais pas vous déranger. Leur répondit Samira, rougissante.
- C’est le moins que nous puissions faire, ça ne nous gêne pas le moins du monde. Lui assura gentiment Sylvie.
- Dans ce cas, j’accepte avec plaisir. J’avoue que je n’avais pas pensé à cet aspect de la situation. » Elles avalèrent leur café à la hâte, ayant épuisé toutes les ressources d’une conversation délicate avec une femme dont-elles ne savaient finalement rien et s’éclipsèrent après avoir renouvelé leurs condoléances. Quand Samira referma la porte, elle se sentit plus seule qu’elle ne l’avait jamais été. Gauthier mort, plus rien ne l’incitait à aller de l’avant. Elle jeta un regard circulaire au minuscule appartement dont les murs semblaient se refermer sur elle comme les parois d’un tombeau. Elle frissonna. Il fallait qu’elle tienne à tout prix jusqu’aux obsèques. Après… L’avenir était désormais accessoire.

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