Anita surveillait de prêt le déménagement.

Publié le par Sandrine

Anita surveillait de prêt le déménagement. Pascal lui avait particulièrement recommandé de veiller sur le bronze qu’il avait acheté quatre ans au paravent a un artiste français. Les déménageurs le manipulait avec une vénération presque religieuse tant il semblait réel.
Ils passèrent la porte avec succès. Soudain, celui qui ouvrait la marche et le soutenait par la tête, glissa et s’effondra, bientôt imité par ses collègues entraîné par le poids de la sculpture. Anita hurla mais il était déjà trop tard. La statue gisait sur les marches, décapitée. Elle se précipita au près d’elle avant de reculer, suffoqué et le cœur au bord des lèvres. Les déménageurs qui ne s’étaient heureusement pas blaisés, se relevèrent précipitamment et se réfugièrent à bonne distance du bronze qui répandait une odeur pestilentielle. Poussée par une curiosité irrépressible Anita se couvrit la bouche et le nez du foulard de soit qu’elle portait autour du cou et s’accroupit à côté de la statue pour identifier l’origine de cette odeur. Un liquide jaunâtre et gras s’écoulait de l’intérieur du bronze. Elle comprit avec horreur que ce qu’elle avait prit dans un premier temps pour des morceaux de caoutchouc était en fait des lambeaux de chaire putréfiés et que la matière blanche qui apparaissait à la base du coup n’était pas du plâtre mais de l’os.
« - Appelez la police! » Hurla-t-elle au déménageur en se relevant d’un bon.
Gérard, toujours souriant avec son éternel bonhomie, faisait face au lieutenant radieux.
« - Cette fois, c’est fini pour vous. Les argentins à qui vous avez vendu l’un de vos « beautés » vient de découvrir, à l’occasion d’un malheureux accident, que leur sculpture n’était en fait qu’une sépulture. Ils ont porté plainte et les autorités argentines se sont rapprocher de nous et nous aimablement remis votre œuvre. Un médecin légiste l’a examiné et a formellement identifié Mademoiselle Duras. J’ai le corps, vous êtes fichu. Gérard sourit.
- Vous ne comprenez rien. Vous êtes assez stupide pour substituer la mort à la beauté. Vivantes, ces femmes passaient inaperçues par leur maigreur. J’ai optimisé leur potentiel et les ai sublimées.
- Je suis navré de vous contredire mais ces femmes étaient charmantes et avaient l’ai avantage d’être vivante avant vos déplorables interventions. Vous n’êtes pas un artiste mais un faussaire.
- Personne n’avait encore osé pousser l’art jusque dans ces derniers retranchements, briser le dernier tabou et utiliser la chaire humaine comme support.
- Je suppose que vous avez longuement expliquer ce brillant concept à vos victimes et qu’elles ont accepté avec enthousiasme d’être sacrifier à votre idéal.
- Héla, mon ami, la beauté et l’intelligence font rarement bon ménage…
- Mais Vincent Hugues, lui, a immédiatement comprit votre géni artistique… releva-t-il ironiquement.
- Le pauvre bougre ne comprenait que le langage de l’argent.
- vous ne seriez tout de même pas en train de m’expliquer à mots couverts qu’il vous à vendu Mademoiselle Duras?
- Si. Entre l’amour du jeu et l’amour d’une femme, il n’a pas balancé longtemps. J’ai fait une erreur en faisant appel à ses services…
- S’il n’avait pas décidé de mettre les Reynald hors de nuire, nous n’aurions jamais soupçonner votre complicité. C’est en effet une des erreurs que vous avez commise…
- Il y en a donc d’autres? S’étonna-t-il presque naïvement.
- Sous-estimer l’intelligence et la ténacité de Madame Bouvier, la pugnacité de sa sœur, choisir des femmes trop proche de vous pour que nous n’ignorions pas trop longtemps votre implication…oui, Monsieur Deschamps, vous avait commis beaucoup d’autres erreurs. Voyez-vous, j’aime à croire que le crime parfait n’existe pas.
- En l’occurrence, seul le hasard vous a donné raison et je crois que vous me sous estimé. Je me moquais vos soupons comme d’une guigne et j’espère que vous serez assez beau joueur pour reconnaître que si ce n’est pas dans l’art, c’est que dans le crime que j’ai atteint la perfection. Christophe nia de la tête.
- Quelle prétention! Tout au plus l’avez-vous effleuré puisque vous avez finalement faire un très long séjour en prison. Ah, une dernière chose… nous avons retrouvé tous les corps sauf un: où est Léa Bouvier?
- Là ou elle doit être.
- vous aggravez votre cas.
- Non. Je suis en train au contraire ravi que l’une de mes œuvres vous échappe. Le téléphone sonna, interrompant leur conversation. Il raccrocha avec un large sourire. J’ai une excellente nouvelle à vous annoncer : Madame Reynald vient de retrouver sa sœur. Elle était chez son beau frère. Peut-être pourriez-vous m’expliquer ça…
- Lionel Bouvier était follement amoureux d’elle. Il a cru qu’il pourrait la séduire après avoir écarter son frère mais Léa l’a repoussé. Comme il n’a pas pu l’avoir vivante… vous connaissez la suite. »

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