Arrivés devant la pièce aux murs immaculés...

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Arrivés devant la pièce aux murs immaculés et à l’odeur d’antiseptique qui s’échappait par la porte grande ouverte, ils découvrirent deux corps allongés.
«- Qui est-ce? Demanda-t-elle.
-Tu ne me croiras jamais. C’est Sarah et Virgile.
-Comment vont-ils?
-Sarah est blessée mais elle s’en sortira. Virgile est mort, Sonia.
-Est-elle consciente?
-Pas pour l’instant.
-Appelle-moi quand ce sera le cas. Quant à lui, autopsiez-le immédiatement.
-Je veux le voir. Laissa tomber Yannis.
-Pourquoi t’imposer cette souffrance inutile?
-De quoi as-tu peur? Est-il laid à ce point?
-Là n’est pas la question. Quelle utilité de rencontrer son père sur son lit de mort?
-Pour le voir, tout simplement. Sonia soupira profondément et s’adressa à Julian.
-Est-il visible?
-Si on ne retire pas complètement le drap, oui.
-Allons-y. Yannis lui barra le passage.
-J’avais cru comprendre que tu ne voulais pas le voir. Tu n’es pas obligée de m’accompagner.
-Allons-y.» Répéta-t-elle. Yannis s’écarta et la laissa passer. Sonia s’avança près du lit dans lequel gisait le corps entièrement recouvert d’un drap blanc. Ses mâchoires se crispèrent quand elle prit les coins supérieurs du drap et le rabattit sur sa poitrine. Yannis eut un hoquet de surprise en le découvrant. Il était exactement conforme à la description que Sonia en avait faite. Il comprenait mieux à présent les réticences qu’elle avait eues, jeune fille, à s’abandonner à lui.
«- C’est impossible. Dit-il au bout de longues minutes de silence. Tu m’avais dit qu’ils étaient immortels…
-Je le croyais aussi. Il va falloir attendre que Sarah reprenne connaissance pour en savoir plus. Il est évident que quelque chose nous a échappé.
-Sortons. Il ne set à rien de rester plantés là.
-Il faut que nous rejoignons Séréna. Nous l’avons abandonnée.
-Il va falloir que tu balises les itinéraires que nous empruntons régulièrement si tu ne veux pas avoir le fil à la patte éternellement.
-J’ai été un peu débordée mais je vais y penser. Elle avisa Julien qui les attendait dans le couloir en fumant une cigarette. De quoi est-il mort? Lui demanda-t-elle sans préambule. Il désigna Yannis d’un léger mouvement de tête, hésitant à lui répondre en sa présence. Il a le droit de savoir.
-Il a une barre métallique enfoncée dans le cœur.
-Et Sarah?
-Elle souffre de malnutrition, de déshydratation et a une fracture ouverte à la jambe gauche. Nous avons réglé le problème de la fracture et l’avons mise sous perfusion. Elle devrait reprendre ses esprits d’une minute à l’autre.
-Comment sont-ils arrivés ici? Intervint Séréna flanquée des quatre hommes avec lesquels elle était restée dans la salle du trône.
-Nous n’en savons toujours rien. Pendant que j’y pense, j’ai les résultats de ton analyse, Yannis.
-Qu’est-ce que ça donne?
-Le gène de la couronne correspond au tien.
-Est-ce le seul qui diffère chez moi?
-Non. Il y en a un autre. Yannis hocha la tête.
-Il est tout de même frustrant de ne pas savoir à quoi ils correspondent!
-La génétique est encore trop jeune pour que je puisse te répondre demain.
-Allons déjeuner. J’ai un rendez-vous tout à l’heure. Annonça Sonia.
-Vous n’êtes pas obligée de vous y rendre dès maintenant. J’ai beau ne pas être patiente, je comprends que nos projets soient un peu bousculés.
-Je vous remercie, Séréna, mais la couronne a livré la plupart de ses secrets et une équipe va se libérer. Le temps nous est compté. Il faut avancer. J’irai voir Sa Majesté et je serai de retour avec sa réponse avant la nuit.
-C’est donc si loin? S’étonna la vieille dame.
-Non. C’est à une demie heure d’ici mais il faut compter avec les palabres.
-Je vois… Ici comme ailleurs, rien n’est simple. Puis-je vous accompagner?
-Ce ne serait pas judicieux cette fois-ci. Excusez-moi de le dire, mais la présence d’un étranger compromettrait les négociations.
-Tant pis. Je n’ai plus qu’à attendre.
-Ca ne vous pèsera pas. J’ai l’impression que l’après-midi va être mouvementé. Julien s’occupera de vous.
-Pourrais-je assister à l’autopsie? Demanda candidement Yannis.
-Sais-tu exactement à quoi tu t’exposes?
-Pour être honnête, pas vraiment.
-Ce peut être très choquant. Je t’avoue que je préférerais que tu n’y assistes pas et que Julien et toi discutiez de ses éventuelles découvertes lorsque ce sera terminé.
-Comme tu veux.» Un homme d’une cinquantaine d’années fit irruption dans le réfectoire et s’approcha de Sonia pour murmurer quelque chose à son oreille. Elle opina du chef.
«- Soyez aimable, chargez-vous de l’autopsie. Julien et moi allons voir Sarah. Séréna allait ouvrir la bouche mais Sonia la devança. Oui, Séréna. Vous pouvez venir tous les deux. Une condition cependant : vous restez dans le couloir et vous ouvrez grand vos oreilles. C’est d’accord?
-Je suppose que nous n’avons pas vraiment le choix…
-En route!» S’exclama Julien.

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