Assis face aux gendarmes...

Publié le par Sandrine

Assis face aux gendarmes, Edouard roulait des yeux affolés et ne parvenait pas à s'exprimer. Devant l'ampleur du désastre, sa grandiloquence l'avait abandonné.
Nathan fut bien près en cet instant de le trouver sympathique. Jacques, exaspéré par tant de circonlocutions oiseuses et bégayantes, levait les yeux au ciel.
"Nous avons tout essayé: les visites, le téléphone, nous avons demandé aux voisins... nous nous sommes même exposés aux foudres des familles en les contactant... rien! Disparus! Evaporés! Et pourtant, ils n'étaient pas concernés... oh, Jéhovah, viens-nous en aide!"
Là, Jacques n'y tint plus : c'en était vraiment trop pour lui.
"Allez-vous nous dire à la fin qui a disparu?
- Pschit! Comme ça, répondit-il en claquant des doigts. Oh, messieurs, je vous en prie...", poursuivit-il, suppliant.
Jacques, qui tapotait nerveusement son bureau du bout des doigts, abandonna toute maîtrise de lui.
"Qui, nom de Dieu! hurla-t-il. Outré, Edouard sursauta sous le blasphème.
- Pardonnez-leur, Seigneur, ils ne savent pas ce qu'ils font!"
Jacques, furieux, frôla la crise d'apoplexie.
" Roger Petit et Anne Nogens, dit-il dans un souffle.
- Nous y voilà! s'exclama Jacques, soulagé d'en finir.
- Depuis quand n'avez-vous plus de nouvelles? intervint Nathan.
- Hier soir.
- Nous ne pouvons rien faire pour le moment, monsieur. S'ils ne vous donnent pas de signe de vie d'ici demain soir, revenez nous voir.
- Mais enfin...
- Vous l'avez dit vous-même, s'ils n'étaient pas concernés, il n'y a pas lieu de s'inquiéter."
Devant la fermeté polie des deux hommes, Edouard préféra s'incliner. Quand il eut quitté les lieux, Nathan se tourna vers Jacques.
"Tu ne les supporte vraiment pas, hein?
- Je sais, je sais... je n'ai pas été très délicat."
Nathan haussa les épaules pour lui signifier que ça n'avait pas beaucoup d'importance.
"Tout de même, reprit Jacques, ces disparitions sont inquiétantes par les temps qui courent...
- Nous avons déjà du pain sur la planche, mais nous pouvons toujours en aviser le procureur, c'est lui qui décidera de ce qu'il convient de faire.
- Oui. Je me sentirai quand même plus tranquille."

Lire la suite: Marie-Anne referma la porte

Publié dans La Clef de sept

Commenter cet article