Assurerez-vous ma défense?...

Publié le par Sandrine

- Assurerez-vous ma défense? Lui demanda-t-elle dans un souffle.
- Je suis là pour ça.
- On m'a déjà fait ce type de promesse...
- J'ai toujours fait mon métier, madame et je n'agirais pas autrement parce que c'est vous. Votre affaire, même si ça a l'air impressionnant sur le moment, n'est pas si complexe. La rassura-t-elle.
- Rappelez-le, je vais lui expliquer...
- Ah, la bonne heure! Entendit-elle aussitôt. Où en étions-nous?
- Nulle part... Il fronça les sourcils.
- Donc, je reprends, vous reconnaissez être l'auteur du faux chèque et du faux protocole d'accord...
- Oui.
- Bien. Vous déclarez que vous n'aviez pas l'intention d'encaisser cet argent, dans votre esprit vous ne comptiez pas commettre un vol ou un détournement de fond mais simplement inciter la police à se pencher sur une enquête qu'ils vous semblaient délaisser. C'est la peur qui vous a guidée...
- Je suppose... Commença-t-elle en lui jetant un regard interrogatif.
- Vous déclarez en outre que jusque là vous avez toujours eu une attitude irréprochable mais que la mort de votre fils dans des circonstances dramatiques vous a perturbée au point que vous n'aviez plus bien conscience de ce que vous faisiez. Vous étiez si désemparée que vous n'avez pas pensé à faire appel à une aide médicale et que vous ne suiviez aucun traitement....
- Mais enfin, je ...
- Nous sommes bien d'accord? Lui dit-il en imprimant le procès verbal et en le lui tendant afin qu'elle le lise et le signe. Elle sembla hésiter mais l'avocate lui prit le feuillet des mains, le parcourut rapidement et le lui rendit tout en lui donnant un stylo.
- Nous sommes parfaitement d'accord! Répondit-elle à sa place. Signez, tout est en règles!
- Puis-je sortir? Lui demanda-t-elle comme si elle venait de passer des jours entiers dans une geôle.
- Non. A partir de maintenant, vous n'êtes plus en garde à vue. Mais je ne saurai trop vous suggérer de coopérer aux confrontations qui vont suivre, c'est généralement plutôt bien vu des juges.
- Mais que dois-je...
- Vous faites exactement ce que vous venez de faire, vous dites la vérité. Et comme maintenant, je vous croirai sur parole! Il sortit à nouveau, mais son pas semblait plus léger.
- Vous pouvez lui dire merci... Commença l'avocate à mi-voix. Il vient quand même d'établir un procès verbal extrêmement favorable pour la suite des évènements. Je vous assure que c'est plutôt rare et en particulier quand on y met aussi peu de bonne volonté que vous l'avez fait jusqu'ici! Samira tourna la tête vers la porte et eut un mouvement de recul en apercevant monsieur Bès. Elle comprit que les minutes à venir seraient difficiles à supporter. Elle baissa les yeux et constata avec étonnement qu'il était menotté. Le policier qui l'accompagnait lui retira ses menottes et se positionna juste derrière lui, les mains croisées dans le dos et la mine fermée. L'officier regagna son siège et commença son interrogatoire:

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