Bonjour, madame...

Publié le par Sandrine

"Bonjour, madame. Nous venons vous voir au sujet de votre voisin, monsieur Schmit.
- Il est mort, n'est-ce pas? demanda-t-elle avec une pointe de tristesse.
- Hélas, oui. Comment le savez-vous? l'interrogea Nathan avec douceur.
- Je vous ai vus, avec le serrurier... vous savez, quand on prend de l'âge, ce sont des choses auxquelles on s'attend. D'autant plus qu'il n'est pas reparu depuis le sept août. Entrez, nous parlerons autour d'une tasse de thé, si ça vous convient.
- Avec plaisir." ,accepta Jacques.
Ils entrèrent dans un petit salon douillet, chaleureux quoique vieillot. Un couple de perruches se chamaillait dans une cage, dans l'angle de la pièce. Les deux hommes attendaient patiemment le retour de la vieille dame. Le sifflement de la bouilloire sonna la fin de leur attente.
"Voilà!", annonça-t-elle fièrement en portant un plateau de bois chargé de tasses, d'une théière ventrue, d'un sucrier finement décoré et d'une assiette de porcelaine remplie de gâteaux secs. Jacques lui dédia son plus beau sourire, conscient du plaisir que prenait cette grand-mère à briser sa solitude, ne serait-ce que quelques minutes.
"Avez-vous remarqué quelque chose d'inhabituel chez votre voisin avant sa ... disparition?
- A vrai dire, il est exact que depuis quelques semaines, Léon recevait chez lui deux hommes toujours tirés à quatre épingles. Oh, je n'ai rien à leur reprocher, ils ont été très courtois avec moi.", précisa-t-elle en percevant que le visage de Nathan s'était durci. Il lui sourit.
" Parlez-moi un peu de monsieur Schmit...
- C'était quelqu'un de bien. Il était extrêmement discret et n'est venu que quelques fois prendre le thé avec moi. J'avoue que j'ai pris beaucoup de plaisir avec lui. Cet homme était un puits de science! Je crois que c'était un grand solitaire, hormis les deux hommes dont je vous ai parlé, il ne recevait presque jamais personne. Ah, non! Je me souviens à présent... une femme d'une trentaine d'années lui rendait souvent visite, deux ou trois fois par mois. C'est madame Boissieux qui me l'a fait remarquer... je crois qu'elle était un peu amoureuse de lui, ajouta-t-elle sur le ton de la confidence. Elle va être très touchée d'apprendre qu'il lui est arrivé malheur.
- Que pouvez-vous me dire au sujet de cette femme?
- C'était une brune magnifique: on aurait dit un mannequin mais elle était hautaine, elle ne saluait jamais aucun d'entre nous. Je n'en sais pas plus sur son compte.
- Nous vous remercions beaucoup, madame. Vous êtes très aimable."

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Publié dans La Clef de sept

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