C’est vraiment tout ce que tu trouves à faire?

Publié le par Sandrine

«- C’est vraiment tout ce que tu trouves à faire?» Hurla Marie. Elle était outrée devant l’attitude de sa mère. Elle ne la comprenait pas.
Quand elle l’avait appelée, elle avait la voix brisée et de longs sanglots interrompaient ses phrases. Elle était sous le choc. Sans plus réfléchir, Marie avait sauté dans sa voiture et s’était rendue auprès d’elle. Elle était effondrée, accroupie, le dos soutenu par le mur de la maison, regardant fixement le corps lacéré de son mari, prononçant des paroles incohérentes où le nom de Laura revenait comme une litanie. Jusqu’à ce que la gendarmerie ait terminé son macabre office, le comportement de Marthe avait été totalement normal pour une femme endeuillée; mais sitôt que la maréchaussée eut tourné les talons, Marthe avait séché ses larmes et se conduisait comme si de rien n’était, comme si Guillaume n’avait jamais existé. Déjà accablée par la perte épouvantable de son père, ébranlée par la douleur de sa mère, Marie ne supportait pas ce revirement. C’est pourquoi voir sa mère tranquillement installée à la table de la salle à manger en train d’examiner avec minutie les comptes du ménage avait eu raison de ses nerfs. Marthe leva la tête vers elle avec un sourire énigmatique et lui demanda très calmement: «Que sais-tu toi? Ou peut-être es-tu aveugle?» Glacée, Marie n’eut pas un mot, pas un geste. Elle avait peur de comprendre…

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