Christophe, droit comme la justice...

Publié le par Sandrine

Christophe, droit comme la justice, la mine sombre, faisait face aux épouses des deux gendarmes retrouvés morts. Il ne savait comment faire pour leur annoncer la terrible nouvelle.
Il serra les poings pour ne pas se laisser dominer par l’émotion et tâcher de trouver les mots les moins pénibles à entendre.
«- Mesdames, je vous ai demandé de venir ici pour vous annoncer une bien mauvaise nouvelle… Vos époux ont été retrouvés morts cet après-midi. J’aurais aimé vous le dire moins brutalement mais je crains qu’il n’y ait pas de bonne manière pour vous faire part de ce type de nouvelle. L’une des deux le regardait fixement, les yeux agrandis par l’horreur, incapable de toute autre réaction, tandis que la seconde s’effondrait. Je vous assure que je partage votre douleur et je vous présente mes plus sincères condoléances. Vous époux étaient de bons gendarmes et ils seront inhumés avec tous les honneurs qui leur sont dus.» Il se tut brusquement, comprenant que son verbiage était inutile et que tout avait été dit lorsque le mot mort avait été prononcé. Cette situation plus que toute autre l’effrayait et il poussa malgré lui un soupir de soulagement lorsque les deux femmes sortirent. Il lui restait à présent à téléphoner à la sœur de Léa et il ne savait au juste que lui dire. Comment annoncer en effet qu’une disparition était jugée inquiétante sans exposer de sérieux arguments? Lui donner trop d’explications revenait à se mettre en faute et pourtant… Agacé, il s’assit et alluma une cigarette. Lorsqu’il l’écrasa dans le cendrier, sa décision était prise: il signalerait la disparition par téléphone et lui expliquerait le reste de visu. Il composa le numéro et resta quelques secondes interdit quand un homme lui répondit.
« - Allô?
- Bonjour, monsieur. Gendarmerie de La Londe, j’aurais aimé parler à Sylvie Reynald…
- Veuillez patienter une minute s’il vous plaît… C’est pour toi. Entendit-il malgré la main qui recouvrait le combiné.
- Madame Reynald?
- Oui, bonjour.
- Excusez-moi de vous déranger mais nous avons des raisons de croire que votre sœur, madame Bouvier, a disparu dans des circonstances inquiétants Pourriez-vous venir afin que nous en parlions plus longuement?
- Bien sûr. Etes-vous absolument sûr que ma sœur a réellement disparu, c’est une adepte des coups de tête et…
- C’est malheureusement beaucoup plus sérieux.
- Nous pouvons être dans vos bureaux demain en fin de matinée.
- Je vous en remercie. » Il s’étonna de la réaction de madame Reynald et se demanda si les deux sœurs ne s’étaient pas brouillées avant de décréter que ça n’avait pas grande importance.

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