Dans la voiture, Sylvie regardait pensivement...

Publié le par Sandrine

Dans la voiture, Sylvie regardait pensivement la clef qu’elle tenait dans sa main.
« - Je n’ai toujours pas compris pourquoi tu as pris ce truc là. Remarqua-t-il.
- J’allais la laisser puis je me suis dit qu’il n’était quand même pas courant d’utiliser une clef comme cale pied. D’habitude, on y met plutôt un morceau de papier. Quand je me suis relevée j’ai pris appui sur le secrétaire et j’ai remarqué qu’il ne branlait pas. Tu as sans doute constaté l’ordre presque maniaque qui régnait dans la maison… Il avait tout simplement caché cette clef et c’est pour cette raison que j’ai décidé de la prendre.
- Ton raisonnement est bon mais il y a un tout petit problème… Nous ne savons pas à quoi peut bien servir cette fameuse clef.
- Peut-être que les papiers que nous lui avons pris nous l’apprendrons.
- Je l’espère. » Serge abordait un virage et appuya sur le frein. Il ne répondit pas et ses mâchoires se crispèrent. Sylvie comprit aussitôt ce qui se passait et sa main serra le tableau de bord. Serge fit frein moteur jusqu’à passer en troisième et franchit le virage sans heurt. Il ralentit encore, se rangea sur le bas-côté et serra le frein à main. Il soupira de soulagement et se tourna vers Sylvie.
« - Tu as raison. Nous ne devions pas être seuls dans la maison. La voiture a été révisée la semaine dernière… Quelqu’un a décidé de nous faire taire. Prends le téléphone et appelle la gendarmerie. Je prends le sac à dos et la lampe de poche, nous allons continuer à pied.
- Nous avons toutes las chances de nous perdre. Nous ne connaissons pas la région.
- Je préfère quand même que nous nous éloignions de la route. Nous serions vite repérés.
- Je suppose en effet que ça vaut mieux. » Ils abandonnèrent le véhicule avec une pointe de regret, se demandant quelle mauvaise surprise pouvait leur réserver cette promenade nocturne au cœur de la forêt. Ils avançaient lentement, tâchant d’éviter les obstacles dissimulés qui menaçaient de les faire chuter à chaque pas.
« - Il n’y a pas de réseau. Lui annonça Sylvie qui commençait à éprouver une anxiété proche de la panique.
- Ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Si nous marchons bien, nous aurons rejoint la ville d’ici une heure.
- Il a un complice. Léa n’avait aucune chance de s’en sortir.
- Toi aussi tu en as un et c’est pour ça que nous nous en sortirons. Elle consulta sa montre.
- Gérard a dû revenir. Ils vont partir à notre recherche et découvrir la voiture… Lui dit-elle en pressant le pas.
- Ralentis, Sylvie. Si nous nous mettons à courir, nous allons très vite être épuisés et nous risquons une blessure qui nous mettrait définitivement hors course. » Elle approuva silencieusement et régla son pas sur le sien. Un bruit dans les branchages attira son attention. Serge avait lui aussi entendu une branche craquer et braqua sa lampe sur le lieu d’où provenait le son. Il dérangea une laie et ses marcassins qui s’enfuirent.
« - Ce n’était rien de grave. » Souffla-t-elle. Sa peur était palpable et Serge lui prit la main pour la rassurer. Une piste serpentait à quelques mètres d’eux. Gérard connaissait la région depuis trop longtemps pour l’ignorer, aussi décida-t-il de la traverser et de s’enfoncer un peu plus dans la végétation.
« - A ton avis, qui est-ce? Lui demanda-t-elle soudain.
- Qui est-ce qui? Lui demanda-t-il à son tour trop préoccupé par leur itinéraire pour suivre son raisonnement muet.
- Le complice de Deschamps.
- Je n’en ai pas la moindre idée… J’espère que nous n’aurons pas l’occasion de l’apprendre trop tôt.
- Si seulement nous captions quelque chose! Pesta-t-elle.
- Regarde, là! Lui dit-il en désignant un amoncellement de rochers blancs.
- On peut toujours essayer. A défaut de réussir à téléphoner, ça nous permettra de nous repérer…
- Reste ici. Mets-toi derrière le gros chêne, là-bas. Siffle en cas de problème. Elle nia vigoureusement.
- Je viens avec toi.
- Sois raisonnable, j’en ai pour deux minutes. Tout se passera bien. Lui assura-t-il en la prenant aux épaules. Nous avons une belle avance sur eux et il est pratiquement impossible qu’ils nous retrouvent si facilement. » Elle soupira et s’éloigna en veillant à ne pas le quitter des yeux. Elle le vit gravir les rochers avec aisance et arriver en haut sans encombre. Soudain, elle entendit un bruit de pas qui s’approchait d’elle dans son dos. Elle avisa une grosse branche morte posée contre le tronc du chêne et la saisit à deux mains sans se retourner. Elle attendit, le cœur battant à tout rompre, que son assaillant se trouve juste derrière elle pour se retourner et le frapper de toutes ses forces. Avec une plainte étouffée, une femme s’effondra sur le sol tapissé de feuilles et d’aiguilles de pin. Sylvie lui accorda un bref regard et vit qu’une plaie saignait à sa tempe et maculait son opulent chevelure rousse. Tout en
gardant son arme improvisée en main, elle s’apprêtait à siffler et à se retourner pour s’assurer que tout allait bien pour Serge quand un bras la ceintura et une main la baillonna tandis qu’une bouche se collait à son oreille.
« - Tout va bien. Tu as fait ce que tu avais à faire et la gendarmerie est prévenue. Surtout, ne siffle pas, il est inutile qu’on nous repère… » Dès qu’elle eut entendu le son de sa voix, Sylvie se détendit dans les bras de Serge qui la serra brièvement contre lui avant de lui prendre la main et de reprendre leur route.
« - Qui était-ce, ton avis? Lui demande-t-elle au bout de cinq bonnes minutes.
Je ne sais pas il consulte sa montre avant de reprendre. Le lieutenant doit déjà être au point de rendez-vous. Moins nous mettrons de temps à le rejoindre et mieux ce sera. Il va falloir courir Sylvie. » elle acquiesça et tout deux courir à perdre haleine jusqu’à déboucher sur un méandre de la piste. Christophe anxieux, consultait sa montre pour la deuxième fois quand il les vit. « - Démarres! »Hurla-t-il. Soudain Serge le vit sortir son arme et la braquer leur direction. Il attira Sylvie a lui et la jeta à terre en la couvrant de son corps. Le coup de feu retentit claquant comme un coup de tonnerre. Serge releva la
tête t vit le lieutenant vit courir dans leur direction. Il jeta un coup d’œil derrière lui et vit un homme s’enfoncer dans la forêt.
« - Montez, vite!lui ordonna-il tout ne assurant leurs arrières.
- Je ne sais pas ce que vous avez bien pu faire, mais maintenant, ils vous en veulent vraiment! Leur dit-il lorsque le véhicule eu rejoint la route.
- Nous avons fait une petite incursion chez Monsieur Deschamps et lui avons empreinte quelques affaires. Si nous avions un doute, nous savons que nous avons touché juste. Lui expliqua Serge. Nous verrons cela… ce n’est pas un idiot et j’ai du mal à croire qu’il ait commis l’erreur de s’en prendre directement à vous. Je croix même qu’il n’est tout simplement pas au courrant de se qu’il vient de se passer.
- Qu’est-ce qui vous permet d’affirmer une chose pareille? S’offusqua Sylvie.
- Monsieur Deschamps était sous la surveillance de mes hommes. Il s’est rendu dans un restaurant du Lavandou vers dix huit heures trente et en est sortie vers vingt et une heures. Il est en suite tombé en panne et il attend encore la dépanneuse. »
Il les introduisit dans son bureau et les fit patienter quelques minutes avant de revenir avec des boissons fraîches
« - Merci. Lui dit tout simplement Sylvie.
- Je suppose que je n’ai pas besoin de vous faire la leçon et que vous savez que le cambriolage est puni par la loi…D’autant moins que vous êtes ravi que nous l’ayons fait. Répliqua Serge.
Ne poussez pas votre avantage tant vous n’avez pas une vraie bonne nouvelle à m’annoncer.
- L’homme sur lequel vous avez tirez était lui aussi chez Monsieur Deschamps lorsque nous la fouillions et c’est lui qui a saboter mes freins pour protéger Deschamps il y a tout lieu de penser qu’ils sont complices.
- Si je ne ‘avait pas vu vous poursuivre couteau en main, j’aurais crié au fou…
- Lui-même avait une complice. Une femme rousse qui a essayé de m’agresser dans le forêt et j’ai assommé.
- J’espère que vous n’avez pas tapé trop fort.
- Légitime défense. Répondit-elle en haussant les épaules avec indifférence.
- Vincent Hugues et Justine Leider …qu’avez-vous trouvé de si intéressant chez Monsieur Deschamps?
- A dire vrai, nous allons le découvrir ensemble. Nous n’avons pas prit le temps de satisfaire notre curiosité. Sylvie déposa la clé devant christophe.
- Bien. Qu’ouvre-t-elle?
- Je n’en sais rien. Il l’avait caché alors je l’ai prise. Serge lui tendit l’enveloppe et Christophe les regarda minutieusement avant de les reposer avec un soupir.
- Peut -on les voir? Lui demanda Sylvie, déçu qu’il ne les leur ait pas tendu.
- Je suis précisément en train de m’interroger à ce sujet. Il parut réfléchir un instant et les tendit à Serge. Un pli profond barra son front. Il semble lui aussi hésiter et les remis à Sylvie.
- Mon Dieu! S’exclama-t-elle en découvrant qu’il s’agissait des photo que Gérard avait prise de ses sculptures.
- Non… Gémit-elle en découvrant la statue de Léa, étendu lascivement sur un monumental coussin de bronze.
- Nous n’avons encore aucune preuve attestant la véracité de l’hypothèse de votre sœur, madame Reynalds. Rien ne nous dit qu’elle soit …
- De grâce ne me prenait pas pour une idiote! Rétorqua-t-elle cinglante.
- Que cachez -vous encore dans ce sac? Leur demanda-t-ils pour changer de sujet.
« - des papiers que j’ai trouvé dans son bureau. Lui répondit-elle en les datant pure et simple. Peu à peu, les factures et les relevés de comptes s’amoncelèrent devant le lieutenant. Soudain, le visage s’éclaira.
- Que se passe-t-il? L’interrogea Serge.
- Des factures d’une société de transport… vu le poids mentionné, je suppose qu’il s’agit des statues…
- Le poids! Rugit le lieutenant en se levant d’un bon. Je le teins! Il ouvrit la porte et ordonna aux gendarmes qui se trouvaient là d’appréhender immédiatement Monsieur deschamps.
- Qu’est-ce qui vous prends? Lui demanda Serge, surpris par son attitude.
- Le poids ! Répéta-t-il sur le ton de l’évidence.
- le poids d’un moulage de bronze creux est forcément inférieur de celui recélant un corps… repris Sylvie.
- Il faudrait qu’un expert nous dise combien peut peser un bronze classique. Si la différence correspond au poids du l’une des victimes nous auront notre preuve… compléta le lieutenant.
- Non. Il pèsera encore plus lourd. Le corrigea Serge.
- Pardon!
- Il a du faire un premier moulage en plâtre pour isoler le corps du métal en fusion sans quoi il aurait détruit son modèle, or les statues sont parfaites. Lui expliqua t il.
- Donc il y aura une énorme différence…
- Un de mes amis est conservateur dans un musé. Annonça Sylvie.
- Donnez-moi son « numéro ». Le lieutenant se leva et s’absenta une dizaines de minutes.
Radieux, il se repris en ouvrant la porte et en croisant le visage de Sylvie du regard.
« - votre amie est formulable.
- Ça, nous le savions déjà. Rétorqua Serge, amer devant le satisfaction du gendarme.
- Un bronze de cette taille devrait pesait cent cinquante kilos. Il m’a dit que si nous ni ajoutions quarante kilos de plâtre et environ soixante kilos de corps nous devrions arriver à un total d’environ deux cent cinquante kilos or la facture mentionne un objet de deux cent quarante sept kilos. Je croix ne pas trop m’avancer en disant qu’enfin justice va être faite. Je vais devoir vous demander de patienter. Notre suspect vient d’arriver et je vais avoir un fructueux entretient avec lui. Je revient vous mettre au courrant de ce qui s’est dit dès que j’en ai fini avec lui. »
Gérard attendait calmement que le lieutenant daigne lui expliquer ce qu’il lui voulait.
« - Reconnaissez vous ceci? Lui demanda -t-il en lui tendant la facture.
- Oui, c’est la facture du transporteur qui a acheminé mes sculptures jusque chez leurs nouveaux propriétaires. Où vous les êtes -vous procurer?
- Nous avons contacter divers entreprises de transport, et nous avons eu de la chance. Vous rendez-vous compte que vous venez de reconnaître la validité d’une preuve décisive contre vous?
- Expliquez-vous. Lui demanda Gérard dont le sourire s’élargit.
- Un bronze comme ceux que vous réez devrait peser environ cent cinquante kilos hors celui-ci pèse deux cent quarante kilos. Cette différence de poids ne peux se justifier que par la présence d’un corps et du plâtre dont vous l’avez entouré. Gérard éclata de rire.
- et c’est sur cette base là que vous comptez me faire inculper?
- Je vous assure que vous ne devriez pas rire.
- Et moi qu’il y a vraiment de quoi, mon ami. Ou vous êtes un grand comique, ou vous êtes stupide. Les statues que j’ai créé avaient la salle manie de tomber parce qu’elles étaient déséquilibrés. J’ai tout simplement coulé un peu de plomb dans le bas des statues pour plier à ce fameux penchant. Votre argument est irrecevable. Le lieutenant subitement.
- Dehors! » Hurla-t-il. Gérard lui sourit ironiquement et referma tranquillement la porte derrière lui.
Sylvie s’étonna de la mine dépité du lieutenant lorsqu’il pénétra dans la pièce.
« - Alors? Lui demanda-t-elle aussitôt visiblement nerveuse.
- Rien. Le crime parfais. Ce type a réussi le crime parfais! Je n’ai rien contre lui. Même si nous mettions la main sur Monsieur Hugues et qu’il témoignait contre lui, je ne parviendrait pas à le faire coffrer faute de preuves matérielles.
- Ce n’est pas possible. Le poids… insista-t-elle.
- C’est irrecevable. Il l’a justifier par du plomb couler dans les sculptures pour assurer leurs stabilité. Nous revenons à la case départ. Je ne peux rien prouver tant que je n’aurais pas les statues. J’ai honte de l’admettre mais ce type est un géni.
- Avez-vous pensé aux futures victimes. Parce qu’il y en aura beaucoup autres maintenant qu’il se sait intouchable! Se révolta-t-elle.
- Il le savait déjà depuis longtemps je ne peux rien contre lui.
- Léa est morte pour rien… constata- t-elle d’une voix brisée.
- J’en suis navré. »

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