Dès qu’elle sortit de sa voiture...

Publié le par Sandrine

Dès qu’elle sortit de sa voiture, Léa vit qu’un homme à la canne imposante en costume sévère l’attendait au pied des marches qui menaient à la maison dévastée.
Elle remercia le ciel que se ponctualité lui évitât une éventuelle confrontation avec ses voisins. Après une chaleureuse poignée de main, il se présenta.
"-Bernard Girand. Vous sentez-vous prête à voir l’étendu des dégâts?
- Entre nous, je crains ne pas avoir le choix.
- Vous m’avez malgré tout l’air plus sereine que les anciens propriétaires. Nota –t-il poussant la porte. Immédiatement, la jeune femme fut suffoquée par l’odeur âcre de fumée et les relents épouvantables des produits dont les pompiers avaient inondé la maison pour venir à bout de l’incendie.
- Cette maison a déjà brûlé? S’étonna-t-elle sitôt qu’elle eu t reprit son souffle.
- Oui. Ils venaient de remettre le réseau électrique aux normes et l’électricien a assuré qu’il était impossible que ce soit là l’origine du sinistre. Nous étions en plein été, ils ne s’étaient donc pas servis de la cheminée et monsieur Deschamps nous a affirmé qu’ils n’avaient pas fait de barbecue.
Seule l’hypnose criminelle nous a paru plausible mais malgré un dépôt de plainte étayé de témoignages, l’enquête n’a jamais abouti. Il s’arrêta brutalement au centre de la véranda et la regarda droit dans les yeux. Sincèrement, c’est ce qui vous est arrivé, n’est-ce pas ? Glacée, Léa eut toutes les peines du monde à retenir des larmes de rage et d’impuissance.
"- Il savait! s’exclama –t-elle en serrant les poings. Le gendarme savait et il n’a rien fait!
- Vous connaissez-vous des ennemis?
- Je n’en avais pas en arrivant ici mais je crains de m’en être découvert. Je vais aller à la gendarmerie à la première heure demain et leur expliquer ma façon de penser. Ça ne se passera pas comme ça!
- Vous ne croyez pas si bien dire, Madame Bouvier. Ça ne se passera pas comme ça cette fois-ci parce que vous n’irez pas à la gendarmerie.
- Pardon! Se rebiffa-t-elle instinctivement.
- J’ai l’intime conviction que cette nouvelle affaire sera classée sans suite comme la précédente si nous persistons à suivre la procédure conventionnelle. Voyez-vous, madame Bouviez, notre assurance est un établissement commercial et non une association à but lucratif. Nous ne pouvons nous permettre de voir se sinistre se reproduire indéfiniment et de rembourser les assurés éternellement. Il faut impérativement que cela prenne fin. Rassurez-vous, nous ne mettons pas votre bonne fois en doute et vous serez intégralement indemnisée. Toutefois, j’aimerais vous demander votre collaboration. Nous allons faire appel à un détective privé. Pour mener son enquête, il se peut qu’il soit amené à partager votre toit. Acceptez-vous de nous aider ?
- Oui. Répondit-elle sans l’ombre d’une hésitation, sachant quelle ne pourrait dormir tranquille tant que la lumière ne serait pas faite sur cette affaire.
-Merci les dégâts sont heureusement moins importants qu’il n’y paraît et j’ai bon espoir de vous voir emménager d’ici quinze jours. Votre colocataire passera vous voir demain à votre cabinet pour établir une stratégie. Il sortit une carte de visite de la poche de sa veste et la lui tendit. S’il vous arrivait quoi que ce soit, appelez-moi. C’est aussi important pour vous que pour nous.»

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