Elle fronça les sourcils...

Publié le par Sandrine

Elle fronça les sourcils, cherchant à deviner ce qu'on voulait à l'évidence lui dissimuler.
" Selon nos premières constatations, il s'agirait d'un assassinat. Ce qui nous intrigue tout particulièrement est la mise en scène, disons... ésotérique, qui entourait sa dépouille. Savez-vous s'il portait un quelconque intérêt à ce genre de choses?
- Il n'y avait pas plus cartésien que mon père, cependant, depuis douze ans, je ne saurais garantir que ses centres d'intérêts n'aient pas évolué.
-Je suppose que vous n'en savez pas davantage au sujet de ses fréquentations?
-En effet.
-Lui connaissez-vous des ennemis?
-Des inimitiés, certes, comme tout le monde, mais de là à parler d'ennemis prêts à l'assassiner... non, vraiment, je ne vois pas.
-Je crois que nous n'allons pas vous importuner plus longtemps. Nous vous informerons de l'évolution de l'enquête.
-Je vous remercie, messieurs. N'hésitez pas à me contacter si je peux vous venir en aide, bien que je doute de vous être d'un grand secours...
- Nous sommes vraiment navrés d'avoir été porteurs d'une si mauvaise nouvelle. Nous veillerons à ne pas vous déranger plus que nécessaire.
- Je ne m'entendais pas avec mon père, mais je l'aimais. Si je peux aider à l'arrestation de son meurtrier, je serai vraiment heureuse de vous apporter mon concours.
- Merci."
Lorsque la porte se referma derrière eux, Jacques jeta machinalement à Nathan un regard qui guettait son approbation. Nathan posa amicalement sa main sur son épaule.
De retour à l'air libre, Jacques prit une grande inspiration. Alors que Nathan montait dans le véhicule, il lui demanda:
" Tu la crois sincère quand elle disait qu'elle l'aimait?
- Tu as remarqué, toi aussi...
- Le meuble de la bibliothèque était assez grand pour que je ne puisse pas faire autrement. Tous ces livres traitaient plus ou moins d'ésotérisme.
- Oui, la radiesthésie, la vie après la mort, l'angéologie... si lui était cartésien, le moins qu'on puisse dire est qu'elle ne tient pas de lui. De là à imaginer qu'elle est impliquée, il y a tout de même de la marge. D'autant plus que d'après ce que nous avons pu voir de son train de vie, je doute qu'elle ait eu besoin de précipiter son héritage.
- Oui, mais elle a admis elle-même qu'elle était en conflit avec lui.
- J'ai du mal à la soupçonner. Nous verrons bien! Nous en savons encore trop peu pour nous prononcer.
- Nous devrions aller faire un tour chez monsieur Schmit.
- Oui, mais pas avant d'avoir mangé, j'ai une faim de loup! déclara Nathan avec un sourire radieux.
- Tu as toujours faim!", le taquina Jacques en repliant ses grandes jambes dans la petite Clio bleue.

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Publié dans La Clef de sept

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