En quelques minutes...

Publié le par Sandrine

En quelques minutes, le parking de la petite résidence se remplit de véhicules bleus, rouges et blancs, illuminant le ciel nocturne de leurs gyrophares. Une activité frénétique s'organisa tant bien que mal en allées et venues incessantes.
Marie-Anne les observait sans les voir. Soudain, agacée de rester plantée sur la banquette de la voiture à ne rien faire, elle se leva et rejoignit les deux hommes en grande discussion.
"C'est impressionnant! Ils ont à la fois une extrême intelligence, un certain génie créatif et les connaissances techniques indispensables pour réaliser tout ça.
- Je ne vous demande pas de me faire leur éloge. Leur identité me suffira amplement.
- Vous ne trouverez absolument rien, intervint la jeune femme. Ils sont bien trop prudents pour ça. Ils ont réussi à installer tout ce dispositif sans alarmer aucun des voisins, alors... ils sont fous, mais ils sont brillants, et c'est bien pour ça que nous aurons du mal à leur mettre la main dessus. Intelligents et imprévisibles, ils sont redoutables. Notre seule chance d'en venir à bout est de pénétrer leur logique et de la faire nôtre. Parce qu'ils en ont une! Ils sont trop organisés dans leurs mises en scène pour être des adeptes du hasard.
- Vous n'avez pas tort, et en l'occurrence, c'est vous qui en avez appris le plus sur leurs croyances abracadabrantes."
La jeune femme nia de la tête.
"Pas sur les leurs, hélas! Sur celles de leurs victimes. Ils ont adopté un certain mimétisme, mais ils le font uniquement pour se fondre parmi leurs proies.
- Que savez-vous d'eux, au juste? La moindre information est réellement vitale, à présent.
- Je le sais. Mais je vous l'ai déjà dit, je n'ai pas appris grand chose à leur contact, sans quoi j'aurais été à même de prévoir le petit spectacle de ce soir.
- Allons au bureau, décida Nathan. Nous sommes inutiles et nous risquons de gêner, ici.
- Il faut impérativement que je passe au journal, déclara Marie-Anne.
- Pas ce soir, trancha sèchement Nathan. Vous écrirez votre article dans nos locaux. Nous avons à parler tous les trois."
Marie-Anne, boudeuse, haussa les épaules et leur emboîta le pas jusqu'à la voiture.

Lire la suite: Jacques revint chargé de trois gobelets de café.

Publié dans La Clef de sept

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