Gérard attendait dans son bureau le retour...

Publié le par Sandrine

Gérard attendait dans son bureau le retour de son homme. Tout se déroulait pour le mieux… On ne lui avait évidemment délivré que des informations parcellaires mais il était depuis trop longtemps dans la maison pour ne pas avoir compris de quoi il retournait exactement.
Les tensions se durcissaient entre orientaux et occidentaux et les mouvements religieux qui émergeaient partout et se combattaient aux quatre coins du monde n’arrangeaient pas les choses. Leur influence en politique n’était qu’un secret de polichinelle et la politique avait appris à manipuler les religions autant qu’elles les manipulaient elles-mêmes. La chrétienté servait la république dans sa lutte contre le terrorisme islamique, il fallait donc la soutenir. Elle connaissait malheureusement au plus mauvais moment une crise grave. Le précédent Pape, qui n’aurait dû être qu’un Pape de transition destiné à ramener la confiance après les récentes guerres mondiales avait paralysé l’Eglise au-delà du raisonnable par une ténacité et une longévité peu communes qui avait abouti à une véritable déliquescence du dogme. Sa mort avait été un immense soulagement et la personnalité du nouveau Pape incitait à l’optimisme. Il jouissait d’une force de caractère extraordinaire et il en avait besoin car deux nouveaux adversaires se dressaient face à lui: la Théosophie et un obscur petit journaliste hélas aussi fouineur que pugnace et intelligent. La première entendait s’emparer du fait religieux dans sa globalité et le second de le réduire à néant. Lorsque ses services avaient remarqué l’activité du journaliste, on s’était frotté les mains en haut lieu: la solution à leur épineux problème tombait du ciel. Il suffisait de dresser la Théosophie contre le journaliste et de les laisser s’entretuer. C’était en bonne voie. L’Eglise avait commandité le meurtre du prêtre pour des raisons qui n’appartenaient sans doute qu’au domaine religieux mais elle leur avait du même coup évité de se salir les mains. Le journaliste accuserait naturellement les théosophes et s’en suivrait une rivalité que rien ne pourrait endiguer.

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