Hélène, radieuse, ouvre une bouteille de champagne

Publié le par Sandrine

Hélène, Jérémie et Jean sont dans leur salon. Hélène, radieuse, ouvre une bouteille de champagne.
Hélène.
A nous! Soixante dix mille euros, c’est fantastique!
Jean.
Ce n’est pas cher payé pour ce que j’ai subi…
Hélène.
Allons, allons, arrête un peu de bougonner… Tu sais bien que c’est un mal pour un bien.
Jean.
Je commence à avoir beaucoup de mal à voir le bien dans tout ça…
Hélène.
Tu devrais cesser de bouder dame fortune ou elle se détournera de toi.
Jean.
Puisses-tu dire vrai!
Jérémie, arrivant en courant.
Papa! Papa! Il y a du courrier pour toi. Tu crois que c’est des sous?
Jean, levant les yeux au ciel avant de s’adresser à Hélène.
Mais que lui as-tu mis dans la tête? Puis, à Jérémie. Non, l’argent se gagne en travaillant, ça ne tombe pas du ciel.
Jérémie, boudeur, va s’asseoir lourdement sur le canapé. Jean, perplexe devant l’attitude de son fils, l’observe quelques secondes avant d’ouvrir la lettre qui lui est destinée. Il blêmit subitement et dépose la feuille à côté de lui avant de se passer une main sur le visage.
Hélène, inquiète.
Qu’est-ce qui t’arrive?
Jean.
Je suis viré…
Hélène.
Mais grand Dieu, pourquoi?
Jean.
A cause de ce que tu appelles ma chance de ces derniers jours. Ils me disent qu’un commercial qui ne prospecte qu’entre les quatre murs de sa maison ne leur apporte qu’un service très limité aussi ont-ils décidé de me remercier.
Hélène, outrée.
Après vingt ans! Ils n’en ont pas le droit!
Jean, fataliste.
Laisse-moi deviner, tu vas appeler Maître Laurent?
Hélène.
Exactement! Et pas plus tard que maintenant!
Hélène se lève, fermement décidée à en découdre et s’éloigne pour téléphoner. Après quelques phrases vivement échangées, elle revient s’asseoir à côté de Jean, radieuse.
Jean, soupirant.
Allez, fais-toi plaisir…
Hélène.
C’est à toi que ça devrait plaire. Maître Laurent m’a assuré que personne ne peut être licencié pendant un arrêt maladie…
Jean, l’interrompant d’un geste, poursuit sur le ton d’une récitation fraîchement apprise.
Il est très optimiste et espère obtenir des indemnités record…
Hélène.
Je vois que tu commences à comprendre.
Jérémie, prenant son père de haut.
Tu vois bien que ce n’est pas en travaillant qu’on gagne des sous!

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