Il sembla à Samira que l’avocat...

Publié le par Sandrine

Il sembla à Samira que l’avocat était moins surpris qu’il n’aurait dû l’être et elle fut tentée de rebrousser chemin sans lui avoir adressé un mot.
«- Vous désirez me parler? L’interrogea-t-il dans un sourire.
- Peut-être…
- Asseyez-vous, ce sera plus convivial.
- Qui est Rémi pour vous?
- C’est un ami de mon père. Il m’a fourni ma première affaire en vous adressant à moi.
- Et naturellement, vous l’en remerciez? Il ricana doucement.
- Si j’avais voulu le faire, ce serait déjà fait. Rémi a oublié un détail: je suis un homme intègre autant qu’ambitieux et pour mener ce dossier à bien, il faut que j’en analyse chaque détail, y compris son implication dans une affaire qui ne le concerne en rien de prime abord. Pourquoi êtes-vous ici?
- J’ai fait une rencontre étrange… Un certain journaliste m’a offert une promenade en voiture et m’a donné ceci. Reconnaissez-vous le numéro de téléphone surligné en rouge?
- C’est effectivement celui de Rémi. J’ai moi aussi eu accès à cette facture et j’ai fait les vérifications d’usage. Une chose me surprend cependant: pourquoi a-t-il utilisé ouvertement son numéro? C’est totalement idiot.
- A-t-il déclaré la perte ou le vol de son téléphone?
- Non et il continue de s’en servir. Il a joint ses proches à plusieurs reprises ces derniers jours.
- Je me pose une question à laquelle vous pourrez peut-être répondre: si je suis si gênante et que personne n’arrive finalement à user de ma personne, pourquoi suis-je toujours en vie alors que deux jeunes garçons innocents ont été abattus?
- Il faut croire que les principaux intéressés vous trouvent encore un certain charme…
- Plus le temps passe, et moins je comprends ce qui se passe.
- Nous ne pouvons rien faire d’autre que de glaner patiemment les pièces du puzzle avant d’avoir une vue d’ensemble.
- Que faisons-nous au sujet de la procédure?
- Il serait stupide de l’engager pour l’instant. Les pouvoirs publics vous ont menti, c’est un fait, mais nous ne savons pas qui est le véritable auteur de ces meurtres.
- Que vous a dit votre détective?
- Que tout est relativement calme pour l’instant mais ça n’arrange pas nos affaires.
- Le calme avant la tempête?
- Le silence au pied de l'échafaud, oui. Cette histoire commence à traîner en longueur, l'audience des chaînes télévisées quand elles parlent de cette affaire s'essouffle, sinon, pourquoi le journaliste vous aurait-il rencontrée? Il n'est pas idiot, il sait que sa chaîne aura tôt fait de le lâcher en cas de problème. Je ne sais pas comment, mais ils vont précipiter les évènements et je doute que ça vous soit favorable. Ayez des yeux dans le dos.
- Ne vous inquiétez pas pour moi. Je sais ce que j'ai à faire.
- Vous en avez de la chance! Parce que moi, dans l'état actuel des choses, je ne donne pas cher de votre peau.
- S'ils avaient voulu m'abattre, ce serait fait depuis longtemps.
- Que croyez-vous qu'ils voulaient faire en venant chez vous?
- M'arrêter.
- Ca, c'est bien plus facile qu'un meurtre. Non, ce n'est pas ce qu'ils cherchent.
- Tant pis, nous verrons bien. Tout cela nous dépasse." Conclut-elle en se levant avec souplesse.

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