Interdite, Séréna se retrouva dans un lieu obscur...

Publié le par Sandrine

Interdite, Séréna se retrouva dans un lieu obscur et clos qui ressemblait fort à un placard. Elle palpa les murs à la recherche d’un interrupteur. Ses longs doigts rencontrèrent enfin le petit rectangle de plastique qu’elle actionna.
Vexée, elle s’aperçut qu’elle avait atterri dans des toilettes, certes luxueuses, mais des toilettes tout de même. Elle se jura de ne jamais avouer à quiconque ce déplorable incident. Une voix masculine s’éleva de la pièce attenante. « C’est toi, Odile? » Séréna ne put réprimer un sourire en imaginant la déception de ce brave homme. Elle s’efforça de reprendre contenance et sortit. Eberlué, le président, nu comme un ver par dessus les draps froissés, gardait ses yeux démesurément écarquillés sur la vieille dame. Ne perdant pas son sang froid malgré son envie de rire, Séréna se rendit à la porte de la chambre et donna un tour de clef.«- Je suis sincèrement désolée de vous déranger à cette heure indue et dans cette situation, mais il faut que nous parlions. A ces mots, le président s’empourpra et se couvrit d’un pan de drap.
-Quoi que vous vouliez, auriez-vous l’amabilité de me passer mon caleçon qui se trouve sur la chaise derrière vous?
-Croyez bien que la situation est aussi gênante pour vous que pour moi. » Lui répondit-elle ironiquement en le lui lançant du bout des doigts. Elle aperçut une télévision qui surplombait un magnétoscope et s’y dirigea droit, tournant le dos fort à propos au président soulagé de n’avoir pas à se donner en spectacle pour se rhabiller. Avec un naturel désarmant, Séréna, télécommande en main, rejoignit l’homme qui avait retrouvé un peu de décence sinon de dignité et s’assit à côté de lui sur le rebord du lit.«- Allez-vous me dire ce que vous me voulez ou le spectacle de ma nudité vous suffit-il? S’emporta-t-il.
-Votre intimité ne présente aucun intérêt. J’ai trop vécu pour m’émouvoir encore à ce type de démonstration. Ce qui m’amène est infiniment plus sérieux.
-De quoi s’agit-il? Insista-t-il, pressé de se débarrasser de l’importune.
-Patience, mon cher. Je vais vous faire visionner un petit film et nous en parlerons après.»
La vieille dame appuya sur le bouton lecture et détourna les yeux pour éviter de se laisser à nouveau dominer par l’émotion que ces images avaient déjà provoquée en elle. Le président soupirait lourdement pour manifester son ennui. Subitement, il cessa de souffler et Séréna se tourna vers lui. Il ne quittait pas l’écran de ses yeux encore bouffis de sommeil, captivé. Parfois, une moue de dégoût se peignait sur son visage. Séréna se résolut à regarder le téléviseur pour savoir où ils en étaient. Le rat s’effondrait sur le vieillard et elle jugea qu’ils en avaient assez vu. Elle arrêta la lecture de la bande et se tourna vers lui.
«- Que voulez-vous que je vous dise? C’est un film de science fiction assez médiocre. Les trucages sont sublimes mais l’intrigue est assez pauvre. Je suis navré, madame, mais je n’ai pas l’influence nécessaire pour le faire produire. Séréna éclata de rire.
-Ce n’est pas l’objet de ma visite. A votre avis, comment ai-je pu m’introduire ici?
-Grâce à l’incompétence du service d’ordre. Je vais m’en occuper aujourd’hui même.
-Ils ne sont pas en faute. Je vais vous raconter l’histoire de ce film…» Commença-t-elle patiemment, secrètement ravie de l’indulgence de cet homme omnipotent qui ne l’avait pas encore jetée dehors. Le pauvre homme se pinça discrètement pour s’assurer qu’il ne rêvait pas mais Séréna ne s’évanouit pas et le fixait de ses yeux d’acier.
«- Si vous étiez à ma place, que feriez-vous? Lui demanda-t-il finalement.
-J’ai la chance d’avoir déjà dépassé ce stade. Débrouillez-vous comme vous l’entendez, mais prenez la bonne décision. Vous avez des millions de vies entre les mains.
-Avez-vous seulement des preuves de vos élucubrations?
-Oui. En gage de ma bonne foi, je vous cède cette cassette pour que vos experts déterminent s’il s’agit ou non de trucages. Ensuite, si vous vous habillez, je vous emmène avec moi pour vous présenter les preuves que vous exigez.» Séréna se demanda si elle ne s’avançait pas trop et si le télétransporteur pouvait transporter deux personnes à la fois. Quelque chose dans le regard de l’homme qui se levait éveilla ses soupçons et, sans lui laisser le temps d’attraper son pantalon, elle se rua sur lui et appuya sur le boîtier.

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