Jacques et Nathan étaient penchés...

Publié le par Sandrine

Jacques et Nathan étaient penchés sur leurs ordinateurs depuis plusieurs heures, cherchant à faire correspondre une identité et une adresse à chaque plaque d'immatriculation. C'était un travail de fourmi auquel ils s'attelaient avec acharnement. Epuisé, Jacques leva la tête et étendit ses bras pour les décontracter.
"Il va nous falloir des journées entières pour en venir à bout, et ce, sans aucune garantie de trouver quelque chose de probant.
- Ils sont parmi eux, Jacques, j'en suis sûr.
- Je veux bien te croire, mais ils sont tellement nombreux... Nathan, il va falloir ensuite examiner les casiers judiciaires de chacun, et je suis persuadé que nous ne trouverons rien qui puisse nous aider.
- Tu débloques ou quoi? Qu'est-ce qui te prend?
- Non, je ne suis pas fou, Nathan. Les casiers de ceux qui nous intéressent seront vierges, tu le sais comme moi.
- Ce n'est pas garanti. Et pour l'instant, c'est notre seule piste.
- Soyons réalistes, c'est pour ce soir, nous n'avons pas le plus petit indice et nous essayons désespérément de tromper notre impuissance par un travail rigoureusement inutile."
Nathan, piqué au vif, lui décocha un regard assassin, puis se détendit brusquement, se rendant à la raison.
"On ne peut tout de même pas rester plantés là, les bras ballants, en attendant que ça se passe..., souffla-t-il.
- Si comme tu le crois, ils sont parmi eux, c'est pour mieux connaître les habitudes de leurs victimes, ils n'ont pas été admis parmi eux immédiatement, ils ont donc fait preuve d'une extraordinaire patience pour se faire accepter, et s'ils y sont encore alors qu'ils connaissent parfaitement leurs cibles et qu'il leur est, dans l'absolu, inutile de s'attarder parmi des gens que selon toute vraisemblance ils détestent, c'est uniquement pour jouir de la terreur qu'ils leur inspirent.
- Tu crois donc que malgré nos avertissements, il y aura un nouveau meurtre ce soir?
- Oui. Comment se méfieraient-ils de quelqu'un en qui ils ont une confiance absolue? Tu le sais, et c'est bien pour ça que tu te mets dans un pareil état. Les deux seules personnes qui puissent éventuellement nous aider sont les Dugas.
- J'y ai pensé, mais ils sont trop occupés par leur deuil pour penser à quoi que ce soit d'autre; en outre, je doute sincèrement qu'ils acceptent de dénoncer l'un des leurs.
- Ca va peut-être te choquer, mais si nous voulons les convaincre de briser le silence dont ils s'entourent, il faut justement profiter de cette période où ils remettent en cause leurs convictions religieuses, enfin, je l'espère, et où ils sont ébranlés, pour susciter chez eux une envie de vengeance suffisante pour les amener où nous voulons.
- J'y avais pensé, mais ça me répugne sincèrement.
- Plus que des innocents livrés à des bourreaux?
- C'est de l'abus de faiblesse et tu en as conscience autant que moi. Jusqu'où devrons-nous aller?
- Tu ne devrais pas poser une question à laquelle tu ne veux pas que je réponde."
Nathan lui jeta un regard mi-résigné, mi-écoeuré.
"Je n'aime pas ça moi non plus, approuva Jacques.
- Quand? demanda soudain Nathan, laconique.
- Il faut battre le fer quand il est chaud... il est vingt et une heures trente, c'est encore décent.
- Prends les photos et allons-y avant de changer d'avis."

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Publié dans La Clef de sept

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