Jean, Hélène et un médecin, dans le salon

Publié le par Sandrine

Jean, Hélène et un médecin, dans le salon. Le médecin examine le crâne d’Hélène et soupire en ouvrant sa trousse.
Hélène.
C’est grave, Docteur?
Le médecin.
Avez-vous perdu connaissance?
Hélène.
Non.
Le médecin.
Avez-vous vomi?
Hélène.
Non.
Le médecin.
Alors ce n’est rien. Une dizaine de points de suture, deux jours d’alitement et il n’y paraîtra plus.
Hélène, pâlissant et s’agitant sur son siège.
Des points?
Le médecin.
Oui, la plaie se refermera plus vite.
Le médecin sort un rasoir de sa sacoche.
Hélène, apercevant l’objet.
Que comptez-vous faire avec ça?
Le médecin.
IL faut que je dégage le champ opératoire si je veux y voir quelque chose.
Hélène.
Vous n’allez pas me raser le crâne, quand même?
Le médecin.
Je viens de vous expliquer que oui.
Hélène, se levant d’un bond.
Pas question! Je vais être défigurée…
Le médecin.
Je n’ai pas le choix, Madame. Asseyez-vous et laissez-vous faire. Je ne dégage que la zone autour de la plaie. Si vous rabattez vos cheveux, ça ne se verra pas.
Hélène, croisant les bras et le défiant du regard.
Non!
Jean, s’approchant d’Hélène, la prenant dans ses bras fermement et l’asseyant implacablement.
Arrête de geindre et laisse-toi faire, tu vas faire peur à Jérémie.
Hélène, protestant faiblement.
Mais je vais être ridicule…
Jean.
Ne t’inquiète pas pour ça, tu l’es déjà.
Le médecin.
Cessez de vous agiter où je vais vous couper.
Les cheveux d’Hélène s’abattent sur ses épaules.
Hélène.
Assez! Je vais avoir l’air d’un légionnaire si vous continuez!
Le médecin.
Mais non… C’est fini. Attention, ça risque de piquer un peu…
Hélène.
Vous me faîtes une piqûre d’anesthésie, c’est pour ça?
Le médecin, surpris.
Non, pourquoi? Ce n’est pas douloureux, tout au plus désagréable quand on sent le fil passer, mais ce n’est rien de méchant, je vous assure.
Hélène.
Je vous interdis de me toucher sans anesthésie!
Le médecin.
Enfin, Madame, même les enfants n’en ont pas besoin…
Hélène, s’emparant du rasoir et le posant sur la cuisse du médecin.
Voulez-vous me donner l’exemple?
Le médecin, regardant Jean avec affolement.
Madame, un peu de calme! Puisque vous y tenez, je vais vous la faire, cette anesthésie. Dois-je passer une pommade antalgique pour que vous ne sentiez pas la piqûre?
Hélène.
Ah, ne me prenez pas pour une idiote!
Jean, souriant.
Un peu de courage, ma chérie. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Ecoute, si ça peut te consoler, sache que Maître Laurent est très optimiste. IL m’a assuré que dans la mesure où la malfaçon du couvreur avait entraîné des dégâts corporels…
Le médecin, éloignant le rasoir d’Hélène.
Et psychologiques, je crois que le choc a été plus violent que je ne l’avais envisagé et je compte bien en attester…
Jean.
Tu vois bien, toutes les chances sont de nôtre côté…
Hélène, grimaçante alors que le médecin la recoud.
Ne me parle pas de chance pour l’instant, je t’en prie!
Jean.
Et pourtant, c’en est une. Imagine ce qui aurait pu se produire si Jérémie s’était trouvé à ta place…

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