L’angoisse nouait les gorges de Marthe et Marie...

Publié le par Sandrine

L’angoisse nouait les gorges de Marthe et Marie. Marthe avait du mal à déglutir.
Dieu merci, le premier avocat qu’elle avait contacté avait accepté de les défendre et avait promis d’être dans les locaux de la gendarmerie dans vingt minutes. Il y avait à peine dix minutes que Marthe avait raccroché et Marie avait déjà consulté sa montre une douzaine de fois. Le gendarme Seauler entra et annonça d’une voix neutre qui vrilla les nerfs de la jeune femme:«- Ils seront là d’ici une demi-heure. Avez-vous trouvé un avocat?
-Oui. Il sera ici dans dix minutes. Lui répondit Marthe.
-A titre strictement personnel, je voulais vous présenter mes regrets pour la tragédie qui vous touche et vous féliciter de votre sens des responsabilités. Soyez sûres que votre démarche vous vaudra la clémence du juge.
-Ma mère pourra sortir libre de ce bureau? Une pointe d’espoir perçait dans la voix de la jeune femme. Le gendarme s’étonna de la candeur de Marie. Elle était incontestablement femme, mais l’enfant fragile renaissait souvent en elle.
-Cela dépendra de beaucoup d’éléments. D’un point de vue humain, ça semblerait normal mais d’un point de vue légal… Quoi qu’on y fasse, il y a eu meurtre, mademoiselle. Votre avocat vous expliquera tout cela. Vous aurez peu de temps pour vous entretenir avec lui, aussi, je ne saurais trop vous conseiller de lui exposer soigneusement les faits. Vous pourrez le revoir ultérieurement pour vous entretenir de la conduite à tenir et des peines que vous risquez.» La jeune femme prit un air abattu. Elle prenait pleinement conscience de la complexité de leur position. La morale… La justice… Ces mots sonnaient soudain comme une menace.

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