Laura sonna à la porte de Consuelo...

Publié le par Sandrine

Laura sonna à la porte de Consuelo, peu sûre de la manière dont elle serait reçue. Quand Consuelo lui ouvrit, elle découvrit avec surprise la jeune femme tout de blanc vêtue, ses cheveux bruns détachés soulignant la pâleur de son visage, un petit sourire contrit sur ses lèvres blessées et un gros bouquet de fleurs aux couleurs chatoyantes à la main.
Ne sachant quel accueil lui réserver, Consuelo sonda le regard de Laura. De la douleur s’y trouvait toujours, sans doute plus intense aujourd’hui que les jours précédents, mais elle y décela avec une stupéfaction évidente une détermination nouvelle. La jeune femme se prêta de bonne grâce à cet examen et son regard ne flancha pas une seconde sous celui portant appuyé et peu amène de Consuelo. Le visage de Consuelo se détendit soudain, un large sourire se peignit sur ses lèvres pulpeuses et elle ouvrit la porte en grand tout en s’effaçant pour la laisser passer.
«- J’en déduis que tu veux un café?
-Ca fait également partie de mes projets… Mais je voulais surtout te remercier pour le coup de pied au derrière que tu m’as donné. Je suis allée porter plainte…
-Dieu soit loué! C’est le survivant qui t’as fait ça?
-Oui.
-Entre. Je t’ai promis une tasse de café.
-Merci.» Consuelo revint quelques minutes après.
«- Donc, il court toujours?
-Pour l’instant, oui. Plus pour longtemps, je l’espère.
-Tu leur as dit quelque chose qui leur permette de le retrouver?
-Pas encore. J’attends qu’on me convoque à ce sujet. Le gendarme Seauler m’a dit que ça ne devrait pas tarder. Mais ça ne va pas être simple.
-Je ne t’ai jamais dit que ça le serait.
-Je sais. Mais je ne parlais pas de ça. J’ai vu cet homme à trois moments différents de ma vie, à chaque fois, il avait modifié son apparence. Et pourtant, je te jure que ces trois hommes ne sont qu’un.
-Je te crois. D’ailleurs, le livreur n’était pas tout à fait identique à l’homme qui a été renversé et c’est lui, aucun doute là-dessus. Tu sais, ils peuvent changer certains détails tels que la teinte de leurs cheveux, éventuellement celle de leurs yeux, leur pilosité, leur manière de s’habiller, mais leur morphologie sera toujours la même.
-Parfois, j’ai l’impression d’être paranoïaque et de voir des liens entre des événements qui n’en ont aucun.
-Tu manques d’assurance. Impose-toi, personne n’a de raison de douter de ce que tu dis. Consuelo lui sourit gentiment.
-J’ai du mal à faire confiance aux gens, il me semble que je ne sais plus distinguer les bons des mauvais.
-Alors, je vais te mettre à l’aise, ma fille, il n’y a aucun moyen de le savoir, tu t’es trompée et tu te tromperas encore, comme tout le monde.
-Je vais te laisser, j’ai une envie folle de prendre une douche.
-Tu n’es pas sale. Ton corps a besoin d’être lavé, mais pas ton âme. Ne frotte pas trop fort. Laura se leva mais Consuelo la retint.
-Attends.» Elle se rendit à la salle de bains et revint en brandissant un tube de crème. «Pour les bleus, c’est souverain!»

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