Le docteur Chazel raccompagnait Laura à sa voiture...

Publié le par Sandrine

Le docteur Chazel raccompagnait Laura à sa voiture. Durant le trajet du retour, elle n’avait pas prononcé un mot. Le docteur l’attrappa par le bras et l’obligea à lui faire face.
«- J’ai été dur avec vous, mais vous ne m’avez pas laissé d’autre choix. J’ai eu raison d’agir comme je l’ai fait, vous le savez aussi bien que moi et je ne m’en excuserai pas. Il est hors de question que je vous laisse vous détruire, trop de monde essaie déjà de vous enfoncer, n’y ajoutez pas votre mauvaise volonté.
-Vous avez raison. Rassurez-vous, j’irai jusqu’au bout, quoi qu’il m’en coûte.
-Je sais que c’est extrêmement difficile pour vous, mais ne lâchez pas prise. Il serait stupide d’avoir tant souffert pour abandonner maintenant.
-Je ne fuirai plus. Répondit-elle en relevant la tête.
-Laura, je réfléchissais tout à l’heure… Vous ne pouvez pas rester seule chez vous, c’est trop dangereux. Accepteriez-vous de venir habiter chez moi le temps que la situation se clarifie un peu? Ma femme serait ravie de vous avoir avec elle…
-Vous voulez être sûr que je ne renonce pas dès que vous aurez tourné les talons…
-Non. Je veux simplement éviter que vous soyez à sa portée.
-Etes-vous sûr que ma présence sous votre toit est une bonne idée?
-Disons que c’est la moins mauvaise qui me soit venue à l’esprit.
-Il y a deux choses que j’ai en horreur : la pitié et me sentir de trop. Je sais que votre proposition n’a rien à voir avec cela et je vous remercie sincèrement pour tout ce que vous faites pour moi, mais je ne peux pas accepter. J’ai trop besoin de vous. Si l’on vous demande de témoigner en ma faveur et que l’on apprenne que vous agissez avec moi avec bien plus d’implication qu’avec une autre patiente, votre parole n’aura plus de valeur. En outre, je ne risque rien à rester chez moi. Quoi qu’elle en dise, Consuelo me surveille comme le lait sur le feu.
-Pourquoi «quoi qu’elle en dise»?
-Consuelo et moi nous sommes disputées.
-A quel sujet?
-Elle m’a fait les mêmes reproches que vous et m’a interdit de lui adresser la parole tant que je ne lui aurai pas donné une preuve de ma volonté de sortir de ce cauchemar. Expliqua-t-elle avec un sourire ironique.
-Elle a eu raison.
-Je sais. Je pense que j’ai gagné le droit de lui dire bonjour aujourd’hui.
-C’est vraiment tout ce que vous avez envie de lui dire?
-Non. Je suppose que je dois la remercier et qu’elle ne me croira pas sans un bouquet de fleurs à l’appui. Répondit-elle dans un sourire.
-Soyez prudente et n’hésitez pas à appeler les forces de l’ordre si quoi que ce soit vous paraît suspect. Il vaut mieux les déranger pour rien et s’en excuser que de prendre des risques inutiles.
-Promis. N’ayez aucune inquiétude. Il ne m’aura pas aussi facilement. Je ne suis plus seule à l’affronter.
-Heureux de vous l’entendre dire.»

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