Le gendarme Seauler eut du mal à en croire ses yeux...

Publié le par Sandrine

Le gendarme Seauler eut du mal à en croire ses yeux quand il vit Laura pénétrer dans les locaux de la gendarmerie accompagnée du docteur Chazel. Décidément, aujourd’hui n’était pas une journée comme les autres.
Il cacha néanmoins son trouble et les reçut dans son bureau après les avoir salué avec chaleur. Il savait ce qui venait d’arriver à la jeune femme mais ne comprenait pas ce qu’elle venait faire là dans la mesure où ses collègues avaient déjà enregistré sa plainte. Sans lui laisser le temps de parler, Laura annonça le but de sa venue.
«- Je viens pour porter plainte pour viol contre Guillaume Masset. Les yeux du gendarme s’arrondirent de surprise.
-Mademoiselle Garnier, je crains qu’il ne puisse être l’auteur de ce qui vous est arrivé ce matin, il est mort depuis près d’une semaine.
-Je sais. Je ne parle pas de ce matin. Ce dont je parle s’est produit entre mes douze ans et mes dix huit ans.
-Quel âge avez-vous?
-Vingt huit ans.
-Il était temps d’agir…
-Pourquoi?
-Ce genre de plainte n’est recevable que jusqu’à dix ans après votre majorité. Laura sentit sa gorge se nouer. Donc, nous disons que vous souhaitez déposer une plainte contre feu Monsieur Masset pour viol répété sur mineure par personne ayant autorité, c'est bien cela?
-Oui.
-Avez-vous des témoins? Laura ferma les yeux une seconde avant de répondre.
-Oui. Marie Masset.
-Bien. Il va falloir que vous me racontiez tout cela succintement pour que j’enregistre votre plainte. Laura jeta un regard implorant à Sylvain qui l’exhorta d’un geste de la main à s’exécuter. Le gendarme qui avait surpris son regard reprit la parole.
-Je vais vous poser une question désagréable, Laura. Y a-t-il eu pénétration? Laura tressauta. Ce n’est pas une question gratuite. C’st pour justifier la qualification de viol.
-Oui. Répondit-elle faiblement.
-Combien de fois cela s’est-il produit?
-Environ trois fois par semaine.
-Où cela se produisait-il?
-A la maison en l’absence de Marthe ou à la gendarmerie où il travaillait.
-Etait-il seul à…
-Non. Le coupa-t-elle pour ne pas entendre la fin de sa phrase. Il n’était pas seul. Certains gendarmes et des étrangers y prenaient part.
-Avez-vous des preuves de ce que vous avancez? Laura soupira bruyamment.
-Le cahier de mon père, que vous avez en main si je ne m’abuse, et ceci. Dit-elle en ôtant la blouse blanche que l’hôpital lui avait prêtée et en lui montrant sa brûlure. Sans un mot, elle se rhabilla et se rassit.
-Bien. Signez ici, s’il vous plaît. Elle hésita quelques instants le stylo dans la main, puis appliqua sa signature sur le document. Vous serez invitée à donner plus de détails sur les faits à mes collègues qui s’occupent de cette affaire. Leurs questions seront plus précises, mademoiselle Garnier, il vaudrait mieux vous y préparer.
-Ce n’est pas tout. Ajouta-t-elle de but en blanc.
-Je vous écoute.
-L’homme qui m’a agressée ce matin est celui qui m’a enlevée, c’est également un complice de Guillaume.
-En êtes-vous absolument sûre? Lui demanda le gendarme, ébahi.
-Oui.
-Je vais en référer à qui de droit. Ils vous contacteront sous peu.» Au moment de les quitter, le gendarme adressa un regard interrogatif au médecin pour s’assurer que Laura disposait bien de toutes ses facultés mentales. Le docteur Chazel hocha positivement la tête.

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