Les deux gendarmes prirent congés...

Publié le par Sandrine

Les deux gendarmes prirent congés, un peu déçus de n'avoir glané que de si maigres informations. Deux hommes en costume et une très belle brune... il y en avait des milliers!
"Ca n'avance pas! gronda Jacques.
- Nous n'y pouvons rien pour l'instant. Combien de numéros de femmes as-t-tu trouvé dans le répertoire?
- Deux, mais ça ne correspond pas. Le premier est celui d'une nièce habitant à Lille et le seconde celui d'une amie d'enfance.
- Espérons que le légiste nous en apprendra davantage... avant que les victimes ne se multiplient dans les bois.
- Je crains que nous n'ayons une bonne longueur de retard pour éviter qu'une troisième ne succombe.
- Peut-être devrions-nous nous renseigner auprès des hopitaux psychiatriques, suggéra Nathan sans grande conviction.
- Je doute que ça nous apporte quelque chose. Nous ne pouvons négliger aucune source de renseignement, mais le temps nous est compté et nous devons faire des choix. Il y a une place, là, juste sous le platane.", indiqua Jacques en s'épongeant le front avec un mouchoir en papier.
Cette satanée chaleur! Il ne s'y habituerait jamais! Nathan sourit d'un air moqueur en se garant dans l'ombre protectrice du grand arbre.
Lorsqu'ils poussèrent la porte du bureau du médecin, Jacques eut un soupir de soulagement en constatant qu'il souriait.
"J'ai pas mal de choses à vous apprendre. Commençons par la victime la plus récente: c'est une petite fille de sept ans, la mort remonte au seize août, elle aussi a des fibres de moquette dans le cheveux mais il ne s'agit pas de la même...
- Donc le tueur change de véhicule à chaque transport, conclut Nathan, irrité par cette nouvelle complication.
- N'allez pas si vite! Donc les fibres sont légèrement différentes, mais comme dans le cas précédent, sept plaies apparaissent aux mêmes endroits, les ligaments sont rompus... mais j'ai retrouvé cette fois-ci des particules de ciment sous les ongles de cette pauvre petite... là n'est pas l'essentiel. Les plaies du premier corps sont plus profondes que sur le second, de plus, l'inclinaison des coups n'est pas la même, la largeur est un peu plus grande sur le premier que sur le second, il ne s'agit donc pas de la même lame. En outre, j'ai trouvé des traces de griffures dans le cou de la petite, juste sous l'oreille droite. D'après la taille et la forme de ces marques, je suis en mesure d'affirmer qu'il s'agit d'une femme, tandis que la profondeur des plaies de la première victime nécessite une force masculine. Nous sommes donc face non pas à un tueur, mais à deux!
- Magnifique! Le procureur va adorer!
- Je suis navré, messieurs. C'est à la fois une avancée dans l'enquête et un énorme problème.
- A votre avis, docteur, pourquoi le seize? l'interrogea Nathan avec un air entendu.
- Un plus six donne sept, mais vous le saviez déjà...
- Seigneur, Deux plus cinq aussi! s'écria Jacques. La prochaine victime tombera le vingt cinq août."
Nathan hocha la tête.
" Voilà un nouveau problème... nous connaissons les dates auxquelles les crimes auront lieu... il va falloir que nous veillions à rester lucides: le temps et l'affolement sont nos pires ennemis.
- Au départ, je m'imaginais que dans le pire des cas, il y aurait une victime par mois, avoua Jacques, désemparé.
- Je suis désolé, mais en ce qui me concerne, je ne pense pas pouvoir vous fournir d'informations supplémentaires dans les délais impartis.
- Qui est cette enfant?
- Sophie Dugas, portée disparue depuis le quinze. La brigade des mineurs a déjà prévenu la famille.
- Nous allons nous mettre en relation avec eux.
- Faites vite... cette affaire ne restera pas confidentielle longtemps, trop de témoins sont impliqués."

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Publié dans La Clef de sept

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