Maître Dufour, je crois que vous aviez raison...

Publié le par Sandrine

" Maître Dufour, je crois que vous aviez raison : rien n'est gratuit en ce bas-monde. Je viens de recevoir quelque chose de très intéressant au courrier, ce matin.
- Avez-vous de quoi financer votre voyage?
- Ne vous inquiétez pas de ça...
- Alors foncez!" Lui ordonna-t-il sans plus d'éloquence.
Marc reposa la liasse de papiers avec une moue de dégoût.
" C'est fou! Ils vous offrent 100 000 euros pour que vous ne mettiez pas en cause la responsabilité de la commune dans le saccage de la tombe de votre fils et de votre appartement... J'avoue que je ne comprends pas! Quant à vous, vous m'aviez bien dit n'avoir rien signé, si mes souvenirs sont bons! Alors, c'est quoi, ça! Lui demanda-t-il en lui collant le document signé sous le nez.
- C'est un faux manifeste! Il y a une faute d'orthographe à mon nom, un h en trop et ce n'est pas mon écriture!
- Vous rendez-vous compte de ce que vous me dites?
- Oui, parfaitement.
- Mais enfin, ça n'a pas de sens! Les communes ont toutes un service juridique, elles n'auraient jamais pris un risque pareil alors que nous n'avions entrepris aucune procédure à leur encontre et que quand bien même nous l'avions envisagé, ce qui n'est pas le cas, nous n'avions quasiment aucune chance d'avoir gain de cause!
- Je ne suis pas télépathe! Quelle explication voulez-vous que je vous donne à la fin! J'espère que tout cela ne risque pas de se retourner contre nous, c'est tout...
- Ca, je n'en sais rien! C'est trop beau pour être vrai!
- Pourquoi trop beau?
- Contestez-vous formellement avoir signé ce document?
- Oui! Je n'ai rien signé, c'est un faux!
- Vous avez rencontré le maire et le lendemain ce document apparaît, nous pourrions tout à fait l'attaquer pour faux et usage de faux... C'est trop beau pour être vrai!
Martela-t-il, visiblement prêt à se taper la tête contre les murs faute de ne pouvoir comprendre ce qui se tramait.
- Tout se vend et tout s'achète d'après certains, ce n'est qu'une question de prix.
- Ce serait vrai si vous représentiez une menace, or avant cela, vous ne pouviez rien contre eux, je vous le répéte!
- Alors profitons de leur bêtise et déposons plainte!
- Mais enfin, pourquoi?
- Vous venez de le dire, pour faux et usage de faux! Lui répondit-elle sur le ton de l'évidence en levant les yeux au ciel.
- Mais enfin, la mairie n'avait rien à voir dans ce qui vous est arrivé et vous vous retrouvez brutalement à la tête de 100 000 euros! J'avoue que c'est ubuesque!
- Tout le monde ne cesse de me répéter que tout ceci n'est qu'une manipulation politique, or, si je ne m'abuse l'instance politique la plus proche des citoyens, c'est quand même la mairie....
- Quel intérêt un maire aurait-il à mettre le feu aux poudres dans sa propre commune? Je vous le demande!
- Créer une situation de crise suffisamment grave pour qu'on lui sache gré au final d'y avoir mis fin avec brio...
- C'est un peu tiré par les cheveux, non?
- Je ne crois pas tant que cela, non!
- Etes-vous sûre de vouloir les attaquer?
- Voyez-vous une autre solution pour comprendre ce qui se trame?
- Il n'y a pas que cela, je vous rappelle qu'en matière judiciaire, il n'y a aucune garantie de succès. Donc je répète ma question : voulez-vous réellement intenter une action contre eux?
- Y a-t-il eu faux et usage de faux?
- Oui, puisque vous m'affirmez que vous n'avez rien signé!
- C'est illégal, donc on attaque!
- Oui, mais je ne vois pas en quoi cet accord, même si vous aviez accepté de le signer réellement, aurait pu vous nuire au final....
- Il faut croire que la mairie a un rôle quelconque dans la disparition du corps de Gauthier et qu'ils ne veulent pas que je puisse leur demander de comptes, voilà tout!
- Eventuellement, oui... Je n'ai naturellement aucune nouvelle de la police concernant la profanation et le vol du corps de votre fils... J'avoue que j'hésite et que je ne vois pas quelles sont les connections entre toutes ces instances et leurs intérêts éventuels... C'est quand même un point essentiel à éclaircir avant toute action!
- Ca Maître, c'est votre problème, pas le mien!
- Je vous remercie de votre aide, Samira, vous m'êtes vraiment précieuse!" Persifla-t-il, amer. Elle haussa les épaules et s'en alla sans plus de cérémonial. Elle avait encore à faire.

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