Marc n’en revenait pas...

Publié le par Sandrine

Marc n’en revenait pas. Il se demandait comment deux rapports d’autopsie décrivant une même mort pouvaient être si différents. Seuls l’âge et le sexe de la victime étaient semblables.
Il se frotta les yeux et soupira longuement avant de les consulter à nouveau pour s’assurer que rien ne lui avait échappé. Il se replongea dans le dossier fourni par les services de police. Il mentionnait une blessure par balle à la tête qui avait été selon toute logique la cause du décès de Gauthier. La balle était entrée au-dessus de l’arcade sourcilière droite et était ressortie juste au-dessous du cervelet. C’était jusque là cohérent étant donné la petite taille de l’enfant. Le rapport officiel signalait également de faibles traces de poudre au point d’entrée du projectile, des traces de brûlure sur la main droite et des traces de solvants sur la peau de la main et de l’avant bras du petit garçon. Le second rapport, lui, différait presque dès les premiers mots. Le médecin légiste indépendant avait relevé un taux de particules de poudre extrêmement important au point d’impact de la balle, ce qui signifiait que la distance séparant la victime du tireur était à peine de quelques mètres. Il relevait également les traces de solvants et de brûlure sur la main de l’enfant mais le médecin insistait sur le fait que la bouteille du cocktail Molotov avait dû stagner un moment dans la main de Gauthier pour brûler ses doigts et dessécher sa peau de cette façon. Il soulignait en outre que c’était pour le moins étrange puisque selon toute vraisemblance, Gauthier aurait dû lâcher le cocktail Molotov en s’effondrant et non le tenir serré dans sa main. Il relevait de plus de nombreuses particules de métal dans les cheveux de la victime. Ces particules feraient l’objet d’une analyse séparée pour déterminer leur provenance. Le médecin légiste concluait globalement que cette mort était suspecte de ne pas correspondre à la version des faits délivrée par les autorités. Il referma les dossiers d’une main lasse. L’affaire était prometteuse. Terriblement délicate, mais c’était un coup important à jouer qui pouvait assurer sa carrière. Il composa le numéro de Rémi et lui demanda de bien vouloir lui amener Samira.

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