Nathan se gara sous l'enseigne: Gendarmerie Nationale...

Publié le par Sandrine

Nathan se gara sous l'enseigne: Gendarmerie Nationale. Le lieutenant qui avait eu une furieuse envie de fumer une cigarette et se trouvait dehors comme une âme en peine, les regarda sortir comme s'il voyait des revenants. Ses yeux s'arrondirent et son double menton s'agita, comme doté d'une vie propre.
"Vous êtes vivants!", s'exclama-t-il, encore incrédule, tout en lâchant sa cigarette qui avait perdu tout son intérêt.
"Où en est-on au juste? lui demanda Jacques, lui offrant ainsi une occasion inespérée de se reprendre.
- C'est pire que tous les cauchemars que j'ai jamais faits! Des catastrophes à foison et aucun moyen d'action... nous avons dû avoir recours à des messagers à moto pour établir un semblant de communication. Les pompiers ne font plus que du secours aux victimes... ils n'ont plus aucune ressource pour se battre contre les flammes et ont subi de lourdes pertes dans leurs rangs. Quant à nos hommes, ils ont essayé de maintenir l'ordre mais sous la vindicte populaire, j'ai dû ordonner le repli: six d'entre eux ont été grièvement blessés dans des algarades... les hôpitaux sont débordés... nous n'avons même plus les capacités de ramasser les corps: même la décence la plus élémentaire nous est refusée..., constata-t-il, honteux, les yeux fixés sur le sol où sa cigarette finissait de se consumer.
- Et le préfet? se renseigna Nathan.
- Je n'ai jamais vu ça! Cet homme n'a pas les épaules, il est totalement inconsistant... c'est un fantoche! Il ne fait que geindre à propos de sa carrière, le ciel peut bien nous tomber sur la tête pourvu que la population ne le prenne pas en grippe."
Marie-Anne se racla la gorge pour attirer l'attention.
" Navrée de vous l'annoncer, mais je crois que nos problèmes..."
Une fabuleuse explosion embrasa le ciel que l'aube naissante commençait à pâlir, résonnant dans la tête de chacun au point que tous portèrent leurs mains à leurs oreilles, certains allant même, Dieu sait pourquoi, à se jeter au sol. Les murs du
bâtiment émirent un grincement plaintif, le sol s'ébranla dangereusement, les obligeant à écarter leurs jambes pour assurer leur équilibre incertain. Marie-Anne se retrouva sans savoir comment dans les bras de Nathan qui la serrait contre lui à l'étouffer. Subitement, tout cessa. La terre arrêta de vibrer sous eux, un silence mortel s'abattit comme une chape de plomb sur la ville pétrifiée d'horreur, le ciel flamboyant devint blanchâtre. La jeune femme frissonna, Nathan resserra son étreinte au risque de lui casser une côte. Marie-Anne se sentait extraordinairement bien, appuyée contre le torse large dont elle sentait la musculature à travers le tissu de la chemise. Gênée cependant par la présence de Jacques et du lieutenant dont elle craignait les regards, elle s'éloigna doucement de l'asile protecteur des bras de Nathan avant qu'ils n'aient repris leurs esprits.
"Qu'est-ce que ..., commença Alain.
- ... que nos problèmes ne sont pas finis, termina-t-elle.
- Et maintenant? demanda-t-il.
- La suite aura lieu dans mille ans. J'ai tout étudié soigneusement, on dirait que c'est la dernière salve."
Elle parut réfléchir intensément puis reprit:
"Il serait judicieux d'aller faire un tour à la salle du Royaume.
- Avez-vous de sérieuses raisons? Parce qu'un déplacement dans ces circonstances...
- Pas vraiment, à vrai dire... disons qu'il s'agit d'une intuition...
- Au point où nous en sommes... faites ce que vous voulez mais débrouillez-vous pour rester en vie!"

Lire la suite: Marie-Anne devait presque courir

Publié dans La Clef de sept

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article