Nathan? ...

Publié le par Sandrine

"Nathan?
- Oui.
- Excuse-moi de te déranger à une heure pareille, mais quelque chose me chiffonne...
- Tu ne pourrais pas passer ta soirée à profiter de ta famille au lieu de ressasser?
- Désolé mon vieux, mais nous aurions dû téléphoner au légiste.
- Pour quoi faire? bougonna Nathan en éteignant la télévision pour pouvoir entendre son collègue au téléphone.
- Savoir quand le corps a été déposé... ça éliminerait au moins la fille de la liste des suspects.
- Pourquoi?
- Elle a l'air malade, elle n'aurait jamais eu la force physique de le transporter.
- Que savons-nous d'elle, au juste?
- Pourquoi me demandes-tu ça?
- Et son mari? Qui te dit qu'elle n'a pas de complice?"
Jacques soupira bruyamment à l'autre bout du fil.
"Navré. Je n'aurais pas dû te déranger, Nathan. Je ne sais pas pourquoi mais tout ça me met vraiment mal à l'aise.
- Ecoute, Jacques, tu ne me déranges pas mais si tu ne veux pas devenir fou, retiens le conseil d'un ami: quand tu sors de la gendarmerie, tu laisses le justicier au vestiaire et tu redeviens le bon père de famille tranquille.
- Tu as raison, évidemment. D'habitude ça ne me pose pas de problème, mais là...
- Je sais. Moi aussi, je trouve que quelque chose ne tourne pas rond.
- Tu me rassures. Je commençais à croire que je perdais la tête."
Un silence studieux régnait dans le bureau baigné de la luminosité crue de ce jour de mistral. Nathan releva la tête et écrasa sa cigarette dans le cendrier encore vierge de tout mégot. Il reposa la dernière lettre sur les autres. Jacques l'observait, un pli soucieux barrant son front.
"Alors? demanda-t-il finalement.
- Rien de palpitant. Une correspondance banale avec un vieux copain. Et le répertoire?
- Essentiellement des numéros professionnels. Je n'ai pu isoler que quelques numéros de relations privées.
- Combien?
- Six. Il va falloir tous les rencontrer si nous voulons obtenir quelque chose."
Trois coups brefs heurtèrent la porte avant qu'elle ne s'ouvre sur un homme d'une quarantaine d'années qui fit irruption dans le bureau, visiblement nerveux.
" Les gars! Des promeneurs en ont trouvé un autre au Mont des Oiseaux!
- Un autre quoi?le coupa Nathan.
- Un autre cadavre.
- Ca n'a sans doute rien à voir, mais on va s'en assurer sur place, trancha Jacques en se levant d'un bond.
- Dis au légiste de nous rejoindre là-bas, ordonna Jacques à son collègue dépité de n'avoir pas suscité l'intérêt escompté.
- Je prends l'appareil photo.", annonça Jacques tandis que Nathan s'emparait des clefs de la voiture de service.

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Publié dans La Clef de sept

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