Olivier tentait de dissimuler...

Publié le par Sandrine

Olivier tentait de dissimuler son malaise en servant le café mais la jeune femme releva immédiatement ses gestes nerveux et son regard fuyant.
"Asseyez-vous et laissez-moi faire,lui dit-elle, soudain agacée de le voir fuir. Pourquoi une telle urgence?
- Les gendarmes sont venus m'interroger hier soir...
- Et alors? Ils n'ont rien à vous reprocher, je suppose?
- Non, bien sûr! protesta-t-il avec véhémence.
- Que voulaient-ils?
- Des renseignements...
- ... que vous ne leur avez pas fournis, termina-t-elle avec un sourire. Pourquoi, Olivier?
- Parce que je ne les ai pas! jeta-t-il avec violence, franchement exaspéré.
- Je ne vous accuse de rien. Mais je ne vois pas en quoi cette visite vous dérange.
- Ils ne me lâcheront pas comme ça. Ils sont persuadés que je détiens une information capitale pour leur enquête. J'aime autant qu'ils ne soient pas au courant de notre petit arrangement...
- A vrai dire, moi aussi.
- Je vais vous remettre une Bible et quelques documents que j'ai pu sauver des mains de ma femme. Lisez-les, il faut que vous soyez crédible et ils sont pointilleux... j'ai également téléphoné à une soeur, Marie Constantin, en prétextant que dans l'état actuel des choses, je ne pouvais pas assurer sereinement votre formation. J'ai pris la liberté de lui donner vos coordonnées.
- Vous avez bien fait."
Un coup de sonnette retentit, interrompant leur conversation. Olivier bondit de son siège et se rua sur l'oeil-de-boeuf. A son air affolé, Marie-Anne comprit aussitôt. Elle s'empara de la pile de documents qu'il avait préparée à son intention, de sa tasse heureusement vide, et chuchota:
"Y a-t-il une autre sortie?
- La cuisine. La porte donne sur lejardin."
Elle hocha la tête et s'empressa de filer. Olivier souffla profondément, espérant retrouver suffisamment de calme pour ne pas éveiller les soupçons des gendarmes. Le coeur battant à tout rompre, il ouvrit la porte. Il s'alarma aussitôt de la mine impersonnelle des deux hommes. Se fut Nathan qui prit la parole.
"Monsieur Dugas, nous avons ordre de vous conduire chez le procureur. Veuillez nous suivre, s'il vous plaît.
- Oui, mais ma femme..., bafouilla-t-il, hébété.
- Le docteur Dravol est ici. Il la prendra en charge.
- S'il vous plaît.", répéta Nathan en le prenant par le bras. Olivier accablé, baissa la tête, ses épaules s'affaissèrent et il suivit Nathan d'un pas d'automate.

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Publié dans La Clef de sept

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