Peu avant minuit, Laura s’allongea...

Publié le par Sandrine

Peu avant minuit, Laura s’allongea sur son lit et alluma la lampe de chevet. La lumière de la pleine lune filtrait dans la chambre à travers les persiennes. Brusquement, elle rejeta la couverture et se mit debout.
Laura traversa la pièce et ouvrit la fenêtre en grand. Les rideaux de voile translucides se gonflèrent et un souffle d’air froid s’engouffra dans la pièce. Laura frissonna. Le malaise indéfinissable qu’elle avait ressenti se dissipait et elle sentait à présent la morsure du froid sur sa peau nue. Elle referma vivement la fenêtre et se hâta vers son lit, mais changea d’avis et bifurqua en direction de la porte de la chambre. A quoi bon? Le sommeil se dérobait. Elle n’avait reçu aucune réponse de Marie. Elle en concevait une énorme frustration. Lorsqu’elle avait écrit cette lettre, elle avait espéré que Marie se serait mise en colère, qu’elle aurait tenté de lui fournir une explication, d’essayer d’obtenir une réconciliation… N’importe laquelle en somme, mais qu’elle aurait eu une réaction envers elle. Mais ce silence… Il la laissait seule et désarmée. Elle s’emmitoufla dans un peignoir et se rendit dans le salon. Elle alluma la lumière. Elle se remémora les bons moments vécus avec elle mais ils prenaient tous à présent un goût acide. Tout n’avait été que calcul et artifice. Elle avait encore envie de se battre mais voir ses dernières illusions s’effondrer lui donnaient bien peu d’espoir en la vie qui se déroulait devant elle. Elle était évidemment coupable de n’avoir pas mis Marie face à ses responsabilités bien plus tôt. Mais comment aurait-elle pu imaginer que son amie, sa sœur de cœur comme elle l’appelait, n’avait agi que pour se protéger elle-même. La trahison avait beau être amère, Laura n’était pas en colère. Pas encore… Pour l’instant, la tristesse provoquée par le deuil de cette relation si particulière occultait tout autre sentiment. Elle s’était installée dans son fauteuil préféré. Le contact moelleux du vieux cuir la rassurait. Elle se rendit brusquement compte qu’elle était morte de fatigue. Ses yeux la brûlaient et ses paupières se fermaient insensiblement. D’un pas traînant, elle retourna se coucher. Elle se pelotonna sous les couvertures, ferma les yeux et, pour une fois, s’endormit presque instantanément.

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