Quand Marie arriva, elle trouva sa mère...

Publié le par Sandrine

Quand Marie arriva, elle trouva sa mère assise dans le fauteuil, la tête entre les mains, une feuille de papier posée devant elle. Marie s’approcha et posa la main sur son épaule avec douceur.
«- Je vois que tu l’as reçue toi aussi. Ne te mets pas dans un état pareil. Il ne va pas être facile d’évoquer tout cela mais je pensais que tu t’y étais préparée.
-Ca, dit-elle en désignant la lettre, ce n’est pas le plus grave. Je viens de recevoir un coup de téléphone m’annonçant une bien mauvaise nouvelle…
-Laquelle?
-Tu devrais t’asseoir, ma chérie. Marie obéit docilement.
-Alors, de quoi s’agit-il?
-De Laura, elle est morte, Marie. Elle a eu un accident de voiture. Marie la regardait droit dans les yeux, pas un trait de son visage ne bougea à cette annonce.
-Je suis désolée, mais cette nouvelle me laisse totalement indifférente. Je n’aimais pas Laura. Même si je sais que j’ai tort, je ne parviens pas à ressentir une quelconque tristesse.
-Tu es dure, Marie. Je ne te le reproche pas, mais je m’en inquiète. Parfois, je me demande si tu n’es pas devenue terriblement égoïste.
-Je suis ce que vous avez fait de moi. Lui répondit-elle dans un désir insensé de la blesser. Elle avait l’impression que quelque chose était incohérent entre son discours et son attitude et voulait le lui faire payer. D’ailleurs, tes yeux sont secs, il me semble.
-J’ai déjà pleuré quand elle nous a quittés. C’est ce jour-là que j’ai perdu Laura. Aujourd’hui n’en est que la confirmation.
-Quand t’ont-ils convoquée?
-Le vingt neuf en début d’après-midi. Et toi?
-Le vingt neuf vers dix huit heures. Tu seras la première. Je suppose que l’ordre de ces convocations n’est pas innocent.
-Nous verrons bien. Ce sera un mauvais moment à passer, Après, nous serons enfin tranquilles.
-J’espère que tu as raison.
-Que t’arrive-t-il? J’ai l’impression que quelque chose ne va pas.
-J’ai un mauvais pressentiment. J’ai l’impression qu’une nouvelle catastrophe va me tomber dessus.
-Détends-toi un peu. Je te garantis au contraire que tout va aller mieux.»

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