Quarante minutes plus tard...

Publié le par Sandrine

Quarante minutes plus tard, forte d'un tonitruant " Foncez!" de son patron, Marie-Anne téléphona à Dugas.
" Monsieur Dugas, ici Marie-Anne Lesage. Je vous appelle pour vous dire que j'accepte votre proposition.
- Merci. Merci du fond du coeur." , lui dit-il d'une voix chevrotante d'émotion.
Puis, se reprenant:
"Appelez-moi Olivier, attachez vos cheveux, mettez un chemisier clair boutonné jusqu'au cou, une jupe sombre arrivant au-dessous du genou, des chaussures plates, maquillez-vous sobrement et proscrivez les bijoux. Pas de stylo, pas de papier : votre mémoire seule devra vous suffire. Je passe vous prendre à notre point de rendez-vous à six heures moins le quart.", lui recommanda-t-il avant de raccrocher précipitamment de peur qu'elle ne change d'avis.
Marie-Anne était plus nerveuse qu'elle voulait bien se l'avouer. Elle tentait frénétiquement de coincer une mèche rebelle dans une pince invisible qui retenait son chignon blond. Cet accoutrement la troublait: il comportait bien tous les atours vestimentaires de la féminité et les niait tout à la fois. Elle jeta un regard impatient dans son rétroviseur et consulta sa montre: c'était l'heure. Alors qu'elle relevait la tête, une Laguna bleue se garait à sa hauteur. Les mains crispées sur le volant, mâchoires serrées, Olivier l'observait. Elle sortit à la hâte et s'engouffra dans le véhicule à l'arrêt. "Vous êtes parfaite.", approuva-t-il en démarrant.
La salle du Royaume n'était qu'à cinq minutes et ils n'échangèrent pas une parole durant le trajet. Olivier coupa le contact et se tourna vers elle.
"Prête?"
Maire-Anne hocha gravement la tête.
" Prête.", confirma-t-elle avant de descendre de la voiture.

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Publié dans La Clef de sept

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