Quelques jours plus tard...

Publié le par Sandrine

Quelques jours plus tard, elle attendait dans une petite salle munie de chaises dépareillées dans une annexe de la mairie, entre une femme qui ne cessait de renifler et qui portait d'énormes lunettes de soleil malgré le temps gris et un vieil homme dont l'haleine alcoolisait disait assez le malaise.
Elle avait une folle envie de fuir cet environnement glauque mais sa motivation lui revint lorsqu'elle vit apparaître l'assistante sociale au regard vide, au sourire mécanique et aux gestes froids. Elle l'invita à entrer dans une petit bureau au mobilier metallique aussi glacial que pauvre. Rien en somme qui ne permette aux nécessiteux d'oublier un instant leur condition.
" Le maire m'a vivement recommandé de vous apporter notre aide. Pour l'instant, je ne peux pas faire grand chose pour vous à part vous allouer une aide d'urgence de 150 euros accordée par le conseil général. Ce n'est pas grand chose, mais c'est immédiat et ça vous permettra de voir venir... Donnez-moi votre carte d'identité, j'ai besoin d'une photocopie.
Samira se mordit la langue pour ne pas hurler sous l'humiliation. Se voir ainsi traitée en mendiante importune malgré le discours du maire lui était presque insupportable. 150 euros! Se dit-elle avec une colère froide... Ils méritaient amplement ce qui allait leur arriver. Elle sortit sa carte d'identité et la glissa dans la main tendue de la femme qui ne la regardait que du coin de l'oeil. Sitôt qu'elle eut quitté la pièce, elle sortit une feuille vierge de son sac et y apposa le tampon de la commune qui traînait sur le bureau, sans surveillance. Elle fit de même avec le tampon comportant l'adresse de la mairie sur le petit revers d'une grande enveloppe brune qu'elle glissa promptement dans son sac, juste au moment où l'assistante poussait la porte.
- Voilà, c'est tout ce que nous pouvons faire pour vous. Vous devriez retrouver un petit boulot alimentaire... Vous vous doutez bien que ce n'est qu'une aide d'urgence que nous ne pouvons vous accorder que deux fois par an.
- C'est déjà une excellente chose. Je n'ai pas l'intention de vous demander quoi que ce soit de plus, c'est juste une bouffée d'oxygène passagère.
- Je vous le souhaite. Notre budget ne nous permet pas de faire des miracles, quelle que soit votre situation.
- J'en suis consciente." Un noeud serra sa gorge quand elle serra la main molle de la femme qui la raccompagnait à la porte comme un vigile éconduit un pickpocket d'un supermarché.

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