Samira avait passé une nuit d’enfer...

Publié le par Sandrine

Samira avait passé une nuit d’enfer, luttant vaillamment contre une irrépressible envie de quitter ce monde impitoyable et la colère immense envers ceux qui avaient sciemment estimé la vie de son fils à cinq mille euros…
A peine le prix d’un chameau dans le Maghreb! L’aube blanchissait le ciel et les bruits de la ville signalaient son éveil progressif quand la sonnette retentit. Elle regarda la porte avec une infinie lassitude et se leva péniblement. Surprise, elle vit Thomas et Christian qui attendaient qu’elle leur ouvre.
«- Bonjour madame, nous venons voir si Gauthier voulait passer la journée avec nous. Il y a un stage de foot aujourd’hui…
- Entrez, il faut que nous parlions. Dociles et intrigués, les enfants la suivirent. Je vais vous poser une question et il va falloir que vous me répondiez franchement… Qu’avez-vous fait hier soir? Les enfants se lancèrent un regard d’incompréhension et Christian prit finalement la parole.
- Après l’école, nous avons fait nos devoirs puis nous avons joué avec Gauthier jusqu’à vingt heures et nous sommes rentrés. Vous pouvez téléphoner à nos parents si vous voulez vérifier…
- Ce ne sera pas nécessaire, je vous crois.
- Gauthier est-il puni?» Lui demanda Thomas qui percevait une certaine tension chez la mère de son ami. Samira soupira. Comment allait-elle bien pouvoir faire pour expliquer à ces deux innocents que leur ami était mort? En désespoir de cause, elle leur dit la vérité, omettant volontairement de leur parler de l’argent que Gauthier lui avait ramené quelques heures auparavant. Pourquoi salir inutilement la mémoire de son fils aux yeux de ceux qui l’aimaient. Dès qu’elle se tut, de gros sanglots lui répondirent.
«- Est-ce que vous avez remarqué un changement dans le comportement de Gauthier? Fréquentait-il de nouveaux amis?
- Nous n’avons rien vu de ce genre. Dîtes, vous nous préviendrez quand Gauthier sera enterré? Lui demanda timidement Thomas.
- Ne t’inquiète pas pour ça. Je crois que vous devriez rentrer chez vous à présent…» Les enfants acquiescèrent tristement et prirent congés. Samira ne comprenait pas. A sa connaissance, Gauthier n’avait jamais été livré à lui-même une seule minute et pourtant, il avait forcément rencontré le misérable qui l’avait délibérément envoyé à la mort… Elle passa la journée à essayer de trouver qui parmi ses fréquentations pouvait être assez monstrueux pour s’être servi éhonté ment de son fils mais elle n’y gagna qu’une épouvantable migraine.

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