Samira se sentait un peu perdue...

Publié le par Sandrine

Samira se sentait un peu perdue quand elle se retrouva sur le quai de la gare. Des voyageurs pressés la bousculèrent sans prendre la peine de s’excuser et disparaissaient dans une foule sans cesse en mouvement. Ils étaient pressés, ils avaient un but et elle les enviait.
«- Madame! L’interpella un homme d’une cinquantaine d’années. Samira eut un instinctif mouvement de recul. Elle redoutait les rencontres autant que la solitude.
- Madame! Reprit-il en adoucissant sa voix devant l’air effrayé de Samira. Vous avez perdu ceci, il me semble. Ajouta-t-il en lui tendant le petit album de photos qu’elle gardait toujours sur elle.
- Merci. Souffla-t-elle, soulagée en tendant la main pour le récupérer.
- Vous devriez examiner votre sac à main pour vérifier qu’il n’y manque rien. Les voleurs adorent les transports en commun. Samira hocha la tête et obtempéra. Rien n’avait disparu.
- Tout est là. Je vous remercie. Lui répondit-elle en se détournant.
- Attendez, s’il vous plaît.
- Excusez-moi mais je suis pressée. Prétexta-t-elle précipitamment.
- Vous mentez mal.
- Pardon? S’indigna-t-elle.
- Vous m’avez bien entendu: j’ai dit que vous mentiez mal. Vous rêvassez depuis plus de cinq minutes et personne ne semble être là pour vous accueillir.
- Vraiment je vous assure…
- Et moi je vous assure que ce n’est aucunement ce que vous croyez. Samira s’empourpra. Je me présente: Rémi Laurens. Je crois que nous devrions discuter un peu. Vous me semblez totalement désemparée.
- Ecoutez, j’ai pour seule ambition de trouver un hôtel et de dormir.
- Je m’engage à accéder à vos désirs mais ayez la gentillesse de m’accorder d’abord un entretien, s’il vous plaît. Il y a un café, juste à côté de la gare et des taxis stationnent devant en permanence. Si ma conversation vous ennuie, rien ne vous empêchera de me planter devant mon café et de vous enfuir. » Samira examina attentivement le visage de l’homme mais ne put rien déceler derrière ses traits épais et sa barbe poivre et sel. Elle soupira, vaincue, et lui adressa un petit signe d’assentiment.

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