Stupéfaite, Samira examinait la liasse de billets jaunes...

Publié le par Sandrine

Stupéfaite, Samira examinait la liasse de billets jaunes soigneusement pliés que Gauthier, son fils de douze ans, avait déposée sur la table basse du salon.
«- Qu’est-ce que c’est? L’une demanda-t-elle d’une voix chevrotante.
- C’est pour toi. Je suis l’homme de la maison, j’assume. Lui répondit-il froidement. Horrifiée, elle le dévisagea longuement. Le regard qui plongeait dans le sien et la défiait lui était totalement étranger et cette découverte la jetait dans le désarroi le plus total.
- Tu n’es pas un homme, mon fils, tu n’es qu’un petit garçon qui a dû faire une sacrée bêtise pour avoir ça! Le rabroua-t-elle.
- Je sais ce que je fais: hier tu pleurais parce que tu ne pouvais pas payer le loyer, aujourd’hui, c’est une année entière que tu as devant toi. Je pensais que tu serais soulagée mais tu ne fais que crier: je commence à comprendre pourquoi papa est retourné au Gabon! Effarée, Samira sentit sa main s’abattre sur le visage encore poupin de son fils avant d’avoir pleinement conscience de ce qu’elle faisait. Jamais encore elle n’avait levé la main sur son lui et ce réflexe de défense instinctif la désarçonna autant que Gauthier qui se frotta la joue.
- Je n’aurais pas dû faire ça, mais tu n’as aucun droit de me juger et tu me dois le respect. Va dans ta chambre et fais tes devoirs. Lui ordonna-t-elle d’une voix éteinte.
- Pourquoi? La défia-t-il. Pour gagner mille euros par mois alors que je peux me faire cinq fois plus en une journée… Tu parles d’une blague!
- Tu vas dans ta chambre et tu fais tes devoirs. Répéta-t-elle d’une voix blanche en détachant chacun de ses mots. Cet argent est trop facile pour ne pas t’apporter une maximum d’ennuis. A quoi te servira-t-il d’être riche quand tu seras mort ou en prison?
- Je t’aurai sortie d’ici! Hurla-t-il.
- Je n’ai pas de raison de m’en sortir si tu n’es plus avec moi. Répartit-elle en retenant difficilement ses larmes.
- On s’en sortira ensemble, fais-moi confiance. Lui promit-il avec une véhémence touchante.
- Va faire tes devoirs, nous en parlerons quand nous serons plus calmes, d’accord?» Gauthier acquiesça et quitta le salon.

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