Valérie poussa doucement la porte...

Publié le par Sandrine

Valérie poussa doucement la porte du bureau. Elle était visiblement tendue et s’assit avec lassitude face à Sébastien.
«- Tu n’as pas fermé l’œil de la nuit, n’est-ce pas?
- Non, j’avais l’espoir de finir cette nuit. Tu n’as pas bonne mine non plus… Remarqua-t-il.
- Je viens de recevoir un coup de fil: c’est pour cet après midi. Sébastien, ne sachant quoi répondre à sa douleur, hocha la tête et lui pressa brièvement la main.
- Nous serons présents et c’est finalement tout ce qui importe.
- J’ai bien peur de faire avaler son goupillon au prêtre s’il en fait trop.
- Maxime se chargera de te maîtriser. Ce n’est qu’un mauvais moment à passer, nous y retournerons plus tard pour lui rendre hommage comme il l’aurait voulu.
- Le mal sera déjà fait et je ne pourrais pas l’oublier avant longtemps… Si tu savais à quel point je les hais!
- Richard serait peut-être en train de baptiser un enfant à l’heure qu’il est si le hasard ne l’avait pas placé sur ma route. Tu es injuste et tu le sais.
- Peut-être… Ils ont encore l’excuse de l’ignorance… Ouvre-leur les yeux, Sébastien. Je ne veux plus que ce genre de chose se reproduise.
- Tu me déçois, Valérie. Lui dit-il avec un sourire. Je pensais que tu avais compris que les miracles n’existaient pas. Ce livre n’aura que l’importance que l’on voudra bien lui donner. Il se peut tout à fait qu’il passe totalement inaperçu.
- Arrête de dire ça, j’ai l’impression que tu le souhaite. Jusqu’à aujourd’hui, les écrivains s’en sont pris à une religion à chaque fois et les scandales n’ont pas manqué de défrayer systématiquement la chronique, alors tu sais aussi bien que moi qu’un livre remettant en cause le phénomène religieux dans son ensemble n’a aucune chance de passer inaperçu, d’autant moins que l’éditeur qui te prend en charge a infiniment plus de poids médiatique que Maxime. Crois-moi: il faudra vraiment se boucher les oreilles pour ne pas en entendre parler et c’est cela le plus bel hommage que nous puissions rendre à Richard. Il n’était pas homme d’église mais homme de cœur et c’est pour toutes ces raisons que je ne retournerai pas sur la tombe où les prêtres vont l’enfermer.»

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