Venez, nous dirons que...

Publié le par Sandrine

«- Venez, nous dirons que vous étiez déjà partie lorsque c’est arrivé. Il n’est pas nécessaire que la gendarmerie vous importune davantage. Elle était étrangement calme et s’amusa de son affolement.
Entrez et tachez de vous calmer. Cette fuite n’est pas nécessaire, je n’ai rien à me reprocher. Par contre, j’aimerais garder son ordinateur portable, il contient toutes informations qui me concerne et je souhaiterais en prendre connaissance.
-C’est bien naturel… lui répondit-il avec indifférence qui cachait une profonde préoccupation.
-Que se passe-t-il? lui demanda-t-elle en le regardant droit dans les yeux.
-J’ai de mauvaises nouvelles, Madame Bouvier. La mort d’Antoine a sérieusement remis en cause la décision de ma direction d’assurer votre protection.
-Ce n’est pas très grave. Lui répondit-elle doucement. Ils ont déjà fait plus qu’ils ne l’auraient dû.
-Je suis désolée, vraiment. Je sais ce que cette décision implique et j’en suis malade.
-Il n’y a vraiment pas de quoi. Claude sera ici dès demain et la seule chose dont j’ai besoin dans l’immédiat est d’un logement provisoire. Mentit-elle délibérément.
-La maison est toujours à votre disposition. Lui assura-t-il tristement.
-Alors tout est parfais. J’appelle les gendarmes. J’aurais aimé vous dire de transmettre mes condoléances à sa famille mais je suppose que c’est indécent dans les circonstances actuelles.
-Vous n’êtes pas responsable de ce drame. J’imagine qu’il savait ce qu’il faisait et en avait mesuré les risques.
Personne ne peut vraiment appréhender sa mort. » lui répondit-elle avec un détachement tel qu’elle se demanda brièvement si elle avait fait cette réflexion à haute voix. Elle décrocha le téléphone sous le regard interrogatif de Bernard qui se demandait qui était le femme qui lui faisait face et n’avait plus rien à voir avec celle qu’il avait rencontrer quelques jours plus tôt.

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