Vite! Il s’est enfui par la porte de derrière!

Publié le par Sandrine

«- Vite! Il s’est enfui par la porte de derrière! Hurla-t-elle, affolée.
-Qui? Lui demanda-t-il dans un souffle, toujours immobile et serrant son arme dans son poing fermé.
-Je ne sais pas, je n’ai pas bien vu… Nous étions dans le noir.
-Qui, Marie-Anne? Répéta-t-il, la fixant froidement.
-Je crois que c’était Sébastien… Avoua-t-elle dans un murmure en soutenant son regard sans ciller. Vas-y ou tu ne le rattraperas jamais! Insista-t-elle.
-Je ne crois pas que je l’attraperais jamais. Il n’est jamais venu, n’est-ce pas? Lui demanda-t-il avec une douceur que ses yeux sombres et ses narines palpitantes démentaient.
-Je ne comprends pas… Commença-t-elle.
-Au contraire. Tu peux retirer tes mains de cette malheureuse. Elle est morte. Lève-toi! Lui ordonna-t-il en braquant son arme sur elle.
-Que fais-tu? Le questionna-t-elle, les pupilles dilatées par la peur.
-Ce que j’aurais dû faire depuis longtemps. Tu as bien dû t’amuser en t’apercevant de ma naïveté. Répliqua-t-il, glacial.
-Mais non. Je t’aime. Lui assura-t-elle dans un chuchotement.
-J’aimerais te croire mais tu manques de conviction. Lui dit-il avec un dédain qu’il ressentait profondément. Lui qui s’était juré de ne plus se faire prendre aux rets des charmes féminins s’était fait piéger de la plus odieuse manière et il s’en voulait autant qu’il lui en voulait.
-Tu ne peux pas dire ça, je porte ton enfant! Protesta-t-elle, au bord des larmes.
-Est-ce seulement vrai? N’est-ce pas une nouvelle invention? Pourquoi? Pourquoi, Marie-Anne?Il souffrait au-delà de tout ce qu’il aurait pu imaginer de cette trahison et entendait bien le lui faire payer.
-Je n’ai rien fait. Nia-t-elle mollement, la voix brisée.
-Assez de mensonges! Rugit-il, cinglant.
-Ce n’est pas ma faute… C’est lui qui m’a obligée à faire ça… Consciente qu’elle en avait trop dit, elle se mordit la lèvre.
-Qui? Sébastien? L’interrogea-t-il, ironique.
-Tu ne sais rien! Cria-t-elle, à bout de forces.
-Non, et c’est bien ce qui me gêne! Qui êtes-vous, Marie-Anne Lesage? Une menteuse extraordinaire, une manipulatrice exceptionnelle, ou tout simplement une malade? Peut-être un peu des trois… Jusqu’où serais-tu allée? M’aurais-tu éliminé, moi aussi, quand je ne t’aurais plus été utile?
-Jamais! Je porte ton enfant, tu m’as demandé de t’épouser… Gémit-elle, même si elle redoutait de lire de la pitié dans son regard en plus du mépris qui l’envahissait déjà.
-Et quelle valeur ont ces mots pour une criminelle?
-Tu ne sais pas…
-Mais tu vas m’expliquer, naturellement? Répartit-il avec une colère sourde qu’il n’était pas sûr de pouvoir maîtriser. Marie-Anne agita lentement la tête négativement.
-Tire. Murmura-t-elle en s’approchant de lui. Tire! Hurla-t-elle en appuyant le canon du revolver contre son sein. Nathan lui sourit, sardonique, avant de détourner son arme et de la gifler si violemment qu’elle s’effondra aux pieds de la dépouille de Clothilde.
-Tu vois bien que n’importe qui, même toi, peut être dominé par la colère et la haine. Susura-t-elle en le défiant du regard. D’ailleurs, tu n’as aucune preuve contre moi.
-Les griffures et la morsure que tu as sur la main me paraissent amplement suffisantes. Répliqua-t-il, étonné par les ressources de ce démon déguisé en femme.
-Ca ne prouve rien, mon chéri. J’ai été réveillée en pleine nuit par un mauvais rêve, j’ai décidé d’aller marcher pour me détendre, j’ai entendu un bruit de lutte et je suis entrée pour voir ce qui se passait. L’agresseur de cette brave Clothilde m’a entendue approcher et après l’avoir poignardée, s’est enfui par la porte de derrière. Je me suis penchée sur la malheureuse pour lui porter secours, mais comme nous étions dans le noir, elle a cru que son assassin revenait à la charge et s’est défendue. Que peux-tu opposer à ça? En France, n’existe-t-il pas la présomption d’innocence? C’est bien à toi d’apporter les preuves de ma culpabilité, si je ne m’abuse? Lui demanda-t-elle avec hauteur en essuyant le sang qui coulait de sa lèvre d’un revers de main indifférent.
-Pourquoi es-tu pieds nus? Pour surprendre ta victime, évidemment.
-Pas du tout. J’ai simplement oublié de mettre mes chaussures tant j’étais terrorisée par le cauchemar que j’ai fait.
-Tu me dégoûtes.
-Tu sais que j’ai raison. Tu n’as rien contre moi. Oublions tout cela et reprenons notre vie là où nous l’avons laissée. Rentrons à la maison, marions-nous et accueillons le fruit de notre amour dans un foyer uni. Ecœuré par l’idée même de cette compromission, Nathan eut un mouvement de recul.
-Je trouverai. Je chercherai et je trouverai la preuve qu’il me faut, j’en fais le serment.
-Allons, sois raisonnable, tu ne trouveras jamais quoi que ce soit. Je n’ai rien laissé derrière moi. Tous les éléments sur lesquels tu mettras la main te conduiront droit à Divitto. Que peux-tu faire d’autre que d’accepter ma proposition? Me mettre en garde à vue? Je serai sortie en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Me tuer? Jamais tu ne prendrais le risque de tuer ton enfant. Epouse-moi. En contrepartie, je te promets que toutes ces horreurs cesseront miraculeusement.
-Un pacte avec le Diable, en somme… Pourquoi cherches-tu à faire autant de mal à Divitto? Lui demanda-t-il sincèrement surpris.
-Ca, c’est une affaire personnelle. Une vieille histoire à laquelle il ne pense plus depuis longtemps. Répliqua-t-elle en balayant l’air de sa main recouverte de sang séché.
-Ne crois-tu pas que tu me dois au moins la vérité? Lui demanda-t-il d’une voix blanche.
-Sur ce point, je ne dois rien à personne.
-Comment as-tu réussi à réunir toute cette foule, le soir de Noël?

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Publié dans L'ange pourpre

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