Yannis se retrouva à nouveau dans le temple...

Publié le par Sandrine

Yannis se retrouva à nouveau dans le temple plongé dans l’obscurité nocturne. Il eut un long frisson avant même d’avoir allumé sa lampe torche. Le silence ambiant était terrifiant bien qu’il ne trouvât aucune raison objective à cela.
Il serra les dents et balaya la pièce du rayon de sa lampe. Il croisa la tête de guépard et sans savoir pourquoi, dirigea la torche sur le plateau de l’autel. Trois têtes sans corps, le haut du crâne béant, ouverts comme des œufs à la coque, le fixaient de leurs orbites vides. Un haut le cœur le saisit, tordant violemment ses entrailles. Il serra son poing jusqu’à sentir ses ongles s’enfoncer dans sa chair et se répéta mentalement sa mission. Vérifier que tout danger est écarté, prendre une caméra et rentrer au centre pour en aviser les autres. Il commença à progresser lentement vers la porte, butant de temps à autre sur les objets sacrés qui jonchaient le sol, heurtant parfois des masses étranges qui produisaient un bruit tantôt sourd, tantôt humide sur lesquels il s’interdit non seulement de s’interroger mais aussi de poser les yeux, se répétant comme un leitmotiv son ordre de mission pour trouver la force d’occulter tout le reste. Il s’aperçut que les portes du temple étaient grandes ouvertes et appréhenda aussitôt de les franchir. Un éclair éclata dans le ciel d’encre, repoussant brutalement les ténèbres qui enveloppaient le temple et révélant une quantité impressionnante de débris humains qui ensanglantaient les dalles de pierre. Le tonnerre roula et gronda, menaçant, avant d’exploser, déchirant la chape de silence qui s’était abattue sur la ville. Yannis sursauta, se mordant les lèvres pour ne pas hurler et retomba, tremblant de tous ses membres comme si un géant l’avait soulevé de terre, secoué comme un pantin et reposé, désarticulé. Il se demanda brièvement s’il avait réussi à endiguer le cri qui résonnait encore dans sa tête et reprit sa marche vers la porte. Il s’appuya quelques secondes sur le bois massif pour reprendre ses esprits. Il avisa une sorte de gargouille grimaçante qui tendait sa gueule ouverte vers la place et se dit que c’était là que Claude avait dû dissimuler la première caméra. Il entendit de lourdes gouttes d’eau s’abattre sur l’escalier et se rappela soudain l’urgence de la situation. Dominant brusquement son immense terreur, il longea le mur jusqu’au monstre de pierre et plongea sa main dans sa gueule. Il en ressortit l’appareil, s’écorchant la main sur une dent minérale ébréchée. Il serra l’engin contre lui et appuya sur le télétransporteur.

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