A peine eut-elle franchi le seuil ...

Publié le par Sandrine

A peine eut-elle franchi le seuil du bâtiment qu’elle entraîna Nathan dans un renfoncement invisible de la porte vitrée qui fermait le bâtiment.
«- Tu te souviens de ce que tu as fait, cet été, sur le parking de l’hippodrome?
-J’ai emprunté une voiture… Lui répondit-il sans comprendre où elle voulait en venir.
-Et bien j’espère que tu te souviens aussi de la manière dont tu as procédé parce qu’il va falloir que tu recommences.
-Le parking souterrain!» Lui dit-il en la guidant sans plus tarder vers les escaliers qui y conduisaient. Ils arpentèrent les allées serpentant entre les rangées de véhicules disparates durant quelques minutes et Nathan s’arrêta devant un quatre quatre gris métallisé aux vitres fumées. Il se débattit pendant quelques secondes avec la serrure puis pénétra dans le véhicule pour ouvrir la porte à Marie-Anne. Il démarra le véhicule avec un léger sourire et emprunta l’itinéraire fléché qui menait à la sortie. Il s’arrêta à quelques mètres de celle-ci, un peu en retrait par rapporte à la barrière automatique qui levait et abaissait son bras au rythme du flux des véhicules des employés et attendit patiemment.
«- Que fais-tu? Lui demanda Marie-Anne, pressée d’en finir.
-C’est une barrière automatique. Regarde sur le pare soleil, si nous avons de la chance, il y a une carte magnétique. Marie-Anne y glissa ses doigts lui tendit un petit rectangle de plastique blanc et vert au nom de la société qui gérait le parking avec un air victorieux.
-Pour une fois, c’est un heureux présage. Commenta-t-elle, ragaillardie. Allons-y!
-Non. Pas tout de suite. Il vaut mieux attendre que quelques voitures nous précédent.» La jeune femme commençait à trouver le temps long et à s’agiter nerveusement sur son siège quand Nathan décida de quitter cet endroit inhospitalier. Elle salua leur retour à l’air libre d’un profond soupir.
«- Où va-t-on? Lui demanda-t-il en jetant un œil inquiet au rétroviseur intérieur pour vérifier qu’ils n’étaient pas suivis. Elle réfléchit en fronçant les sourcils avant de lui répondre.
-Là où ils ne nous attendent pas.
-Le bureau du légiste?
-Non. Ca, ce serait de la folie furieuse. Nous allons chez Jo. J’ai remarqué un caméscope sur le buffet.
-Comment as-tu su qu’il était l’un des leurs? Lui demanda-t-il soudain en parlant du médecin que lui-même n’aurait jamais pensé à soupçonné pour l’avoir longtemps côtoyé même s’il s’apercevait à présent qu’il ne savait pas grand chose de cet homme distingué et d’ordinaire d’une discrétion exemplaire.
-Je ne lui ai pas donné l’adresse du siège de la chaîne, et pourtant, il nous y a conduits sans la moindre hésitation. Sachant qu’ils se servent des médias, le calcul a été vite fait.
-Jusqu’à quel point penses-tu qu’il est impliqué?
-A mon sens, Carine et lui étaient les pièces maîtresses. Les deux hommes de la camionnette ne faisaient que servir de diversion.
-Ca remettrait donc en cause tout ce qu’ils ont dit…
-Et peut-être même plus encore. Confirma-t-elle avec un petit sourire malicieux.
-C’est à dire ?
-Il se pourrait bien que la situation ne soit pas tout à fait aussi catastrophique qu’elle le paraît.
-Et à propos de l’identité du gourou?
-Je suis journaliste, pas voyante…
-Mais bien sûr! S’exclama-t-il, comme soulagé.
-Quoi?
-Il y a un lieu où ils ne penseront jamais à nous chercher et d’où nous pourrons agir en toute tranquillité.
-Là, je ne te suis plus…
-C’est lorsque tu as parlé d’une voyante que ça m’est subitement revenu… Ma mère tirait souvent les tarots de Marseille, sans doute plus pour s’amuser que parce qu’elle y croyait, et mon oncle ne cessait de lui promettre l’enfer si elle continuait, parce qu’il est curé!
-Et tu ne t’en souvenais pas? Lui demanda-t-elle, étonnée que l’on puisse ainsi rayer un membre de sa famille de sa mémoire.
-Non. Pour une raison que je ne connais pas, nous n’avons plus eu de nouvelles de lui depuis mes cinq ans.
-Et tu crois qu’il serait prêt à nous aider? Lui demanda-t-elle avec une moue dubitative.
-Demander asile dans une église était une chose très courante il n’y a pas si longtemps. C’est un homme de tradition, il ne refusera pas de nous accueillir.»

Lire la suite: La petite église de Pierrefeu ...

Publié dans L'ange pourpre

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