Ca y est, j'ai un job!

Publié le par Sandrine

Ce jour-là, quand j’ai passé cet entretien d’embauche, je ne me doutais pas que c’était un job d’enfer…
Comme à son habitude, d’après ce que j’apprendrai par la suite, le patron est arrivé avec une heure de retard. Une immense file d’attente s’était constituée devant le bureau, envahissant de fait la boutique de la station service. J’ai bien pensé à prendre mes jambes à mon cou mais Pôle Emploi n’aurait pas apprécié… J’ai d’ailleurs été encouragé d’un sonore « Bon courage ! » ironique d’un candidat visiblement éconduit. Au fur et à mesure des entretiens, j’apprends que le poste est à pourvoir de préférence par un homme. Sur la dizaine de personnes qui patientent, nous ne sommes que deux. J’ai donc une chance sur trois d’avoir le poste. Finalement, c’est à mon tour… La porte s’ouvre sur un local terne et étroit qui tient plus de la remise que du bureau. L’homme qui me fait face et qui m’invite à m’asseoir d’un geste vague de la main semble pressé d’en finir. Il a l’air d’un adolescent avec son jean et ses baskets. Il parcourt rapidement mon CV et fixe son regard sur moi. Comme pour chaque entretien auquel je me rends, je suis en costume cravate, c’est pour moi une question de respect vis-à-vis du futur employeur. Un petit sourire ironique tend ses lèvres fines.
« J’aime pas les gens en costard ! » Laisse-t-il tomber. Le ton est donné ! Il me demande avec insistance si vraiment je suis sûr de vouloir ce boulot. Il faut dire qu’il ne fait rien pour m’en donner envie…
« Ce sont des horaires décalés. C’est payé au SMIG. Il n’y a aucune perspective d’évolution. Vous devez être autonome rapidement. » Il n’est pas nécessaire pour moi de réfléchir, j’ai besoin de travailler, un point c’est tout. Je répète donc que oui, malgré tout, je suis prêt à prendre ce poste. Il soupire lourdement et clôt l’entretien de l’incontournable :
« On vous rappellera. »
Et il sera rapide puisqu’il le fera à peine quelques heures plus tard. Il faut dire qu’il est pressé, une de ses caissières démissionne et il faut la remplacer au plus vite. Il n’a pas vraiment l’intention de se retrouver derrière la caisse. Je commence dès le lendemain matin. De sept heures à quatorze heures non stop. Je dois avouer que les horaires blocs ne me dérangent pas à priori. C’est une femme d’une quarantaine d’années qui assurera ma formation. Enfin, formation… Entendons-nous bien, ce ne sont que deux matinées durant lesquelles il faut tout apprendre. Heureusement pour moi, j’ai déjà été caissier, ça me facilite un peu les choses. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, entre la caisse, le remplissage des rayons, le ménage, et les petits services annexes comme l’entretien de la machine à café et la délivrance des colis de l’enseigne de vente par correspondance avec laquelle la station a un contrat, le temps passe vite ! Je ne maîtrise pas encore tout, mais je ne suis pas trop mal à l’aise. Ce qui me gêne le plus finalement, c’est que je ne suis pas très extraverti et que la clientèle est essentiellement constituée d’habitués l’hiver. Il faut donc apprendre à les connaître, et certains sont pour le moins étranges. Il faut savoir qu’à cette époque la vente d’alcool en station service est autorisée et qu’à certaines heures de la journée, la boutique tient plus du bar que du magasin…. Avec tous les inconvénients que cela peut avoir. Mais l’essai est en fin de compte concluant et je me retrouve à travailler d’après-midi, de quatorze à vingt et une heures, dès le troisième jour. Je signerai alors mon contrat, qui stipule une période d’essai renouvelable deux fois. Ca y est, j’ai un job !

Lire la suite : Une douce routine

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Christiane 19/07/2014 11:25

Merci de votre passage sur mon blog culinaire http://dansmonsassiette.canalblog.com/
Je reviendrai souvent vous lire, car j'ai encore beaucoup de notes à découvrir
Je vous souhaite une douce journée
Christiane

cerisette 14/07/2014 11:12

coucou
merci d'être passé sur mon blog , bonne journée , un peu plus ensoleillée que ces jours derniers
bisoussssssssssssss

DJENNIE 13/07/2014 21:10

je trouve ce récit très bien écrit et t'encourage dans cette voie
chaque détail est réaliste.
il ne faut jamais se dévalorisé, c'est un job et je sais que c'est parfois dur
merci pour ce gentil passage dans mon univers
douce soirée

Magxav 12/07/2014 20:01

Suite à un commentaire sur un de mes articles, je viens par curiosité, jeter un oeil sur votre blog. Je trouve le ton et l'histoire ludiques et intéressants. Je ne manquerai pas de lire la suite, bravo, continuez.

Un job d'enfer! 12/07/2014 20:10

Merci pour vos encouragements!

André Nébon 12/07/2014 19:17

Malgré la réticence que j'ai cru déceler dans votre introduction, quant à l'écriture d'un roman, et après avoir lu ne serait-ce que le premier de vos articles, je vous invite (modestement) à laisser libre cours à votre plume.
Cordialement

Un job d'enfer! 12/07/2014 19:40

Votre encouragement me touche profondément.

Naturaimer 12/07/2014 11:43

Tout métier a ses icovénients mais aucun n'est dévalorisant.
Une de mes filles était à la pompe essence, pourtant elle a le diplôme d'aide-soignante, mo petit fils diplômé BTS travaille de nuit de 23h à 8 h du matin dans une discothèque...Ue de mes petites filles dix ans de droit est gérante d'un magasin de confitures !!!!!!!!!!
La liste est longue, mais en ces temps très difficiles les " sans boulot " ont du mérite de prendre celui qui leur est " offert" même s'il n'est pas gratifiant à leurs yeux.
Cordialement.

Un job d'enfer! 12/07/2014 16:44

Du mérite oui, c'est une évidence, le problème, à mon sens, ce sont tous les patrons voyous, mais tous les patrons ne sont pas des voyous, entendons-nous bien, qui profitent de cette misère sociale pour en créer une plus grande encore en détruisant la vie de ces courageux qui préfèrent un travail quel qu'il soit à l'assistanat.
Cordialement

120streetcook 10/07/2014 20:49

Je ne sais pas si c'est de la fiction ou bien réel si c'est le cas c'est super pour toi j'espère que c'est un cdi :) et tu as raison dans n'importe qu'elle taf que tu sois chirurgien ou manutentionnaire si l'ambiance n'est pas terrible...En tout cas c'est très bien écrit j'aime beaucoup bonne soirée et bon courage :)

Un job d'enfer! 10/07/2014 22:27

Merci de ta visite!
C'était bien un CDI, mais au-delà de la joie que j'ai pu ressentir à la signature du contrat, tu vas voir en lisant la suite, que c'est devenu un véritable enfer! Ce n'est pas valable pour tout le monde, certes, mais cela a changé ma vie et pas dans le bon sens!

Vénusia 10/07/2014 07:54

bonjour hier j'ai déjà parcouru une bonne partie de tes articles et je reviendrais lire la suite.
je trouve que le ton est celui d'un écrivain, tu dis ne pas vouloir écrire de roman, pourtant j'en ressens la trame, sous-jacente , sans doute, mais elle est là.ton style est très pur et surtout en bon français, ce qui ne gâte rien, surtout à notre époque.
je te lirais de nouveau sois en sûre
merci de ta visite sous mes mots libres ou classiques.
bonne journée

Un job d'enfer! 09/07/2014 10:36

Bonjour Carine, oh, tu sais, ça dépend de tellement de paramètres... La direction, les collègues, la clientèle... N'importe quel job peut être soit un bonheur, soit un calvaire.

Carine 08/07/2014 20:12

Mon fils aussi travaille dans une station service, à te lire j'ai l'impression de l'entendre parler sauf que lui ne trouve pas que c'est un job d'enfer.