De retour dans le petit bureau illuminé...

Publié le par Sandrine

De retour dans le petit bureau illuminé par les premiers rayons du froid soleil de Décembre qui filtrait à travers la haie de cyprès entourant la gendarmerie à la façade crème, Marie-Anne et Nathan examinaient scrupuleusement la liste des appels émis et reçus par le téléphone portable trouvé sur le chauffeur de la camionnette.
Un violent mal de tête la saisit et elle sortit à la recherche d’une aspirine. Inquiet, Nathan lui emboîta le pas. Un gobelet de plastique à la main, la jeune femme poussait la porte du bureau pour reprendre ses recherches là où elle les avait laissées quand la vitre qui donnait sur la route déserte vola en éclats dans un grand bruit de verre brisé. Une bouteille de verre se fracassa sur le carrelage brun, libérant une nuée de frelons fous furieux. Nathan la poussa brutalement dans le couloir et referma vivement la porte.
«- Tu n’as rien? Lui demanda-t-il, un pli soucieux barrant son front.
-Non, mais il s’en est fallu de peu. Si tu n’avais pas été là…
-La question ne se pose pas. Trancha-t-il aussitôt. Reste ici. Il faut que j’appelle les pompiers pour qu’ils fassent sortir ces bestioles de là.
-La traque reprend… Dit-elle à mi-voix en s’appuyant contre le mur de crépi blanc.
-Je crains qu’elle ne se soit jamais arrêtée. Lui répondit sombrement le lieutenant qui venait d’arriver, alerté par le bruit. Que s’est-il passé?
-Une bouteille remplie de frelons agressifs a été lancée à travers la vitre…
-Nous aurions dû nous en douter. Lui répondit-il, fataliste. Le fait que vous soyez ici était aisément prévisible. Il faut impérativement que vous partiez.
-Pour aller où? Ne nous berçons pas d’illusions, vous savez pertinemment que je ne serai en sécurité nulle part. Nos allées et venues ne sont pas un secret pour eux. Ils ont admis nous suivre scrupuleusement depuis l’été dernier.
-Je crois que j’ai une petite idée pour pallier à ce problème…Commença pensivement le légiste. Il y a ici deux des leurs dont ils savent qu’ils se sont suicidés puisque c’est sur leur directive qu’ils l’on fait. Ils se doutent bien que nous ne pouvons décemment pas les garder dans nos locaux indéfiniment... Nous allons rappeler l’ambulance et vous prendrez leur place. Il leur sera impossible de savoir qui se trouve à l’intérieur. Je vous offre l’asile de mon bureau. Vos voisins ne risqueront pas de vous dénoncer. Marie-Anne eut un long frisson. La mort qui la frôlait sans cesse l’effrayait bien plus qu’elle ne voulait se l’avouer et l’idée de se retrouver prématurément dans son antre ne la séduisait guère.
-Nathan ira avec vous. Il est hors de question que vous vous retrouviez où que ce soit seule et sans arme. Ajouta le lieutenant qui avait perçu son malaise à l’évocation de cette idée qui lui semblait somme toute bonne quoi que morbide.
-Merci.» Lui répondit-elle, sincèrement soulagée de ne pas avoir à affronter seule cette situation.

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Publié dans L'ange pourpre

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