Dès que les deux hommes poussèrent...

Publié le par Sandrine

Dès que les deux hommes poussèrent la porte du bureau, Marie-Anne sut avec certitude qu’Edouard n’était plus de ce monde.«- Comment? Demanda-t-elle simplement à Nathan. L’espace de quelques instants, il chercha les mots qui la heurteraient le moins. Le prenant de vitesse, le lieutenant tendit à la jeune femme les photos de leur sinistre découverte. Le souffle coupé, elle demeure sans réaction. Marie-Anne… L’appela doucement Nathan en foudroyant Alain du regard. Ca va. Ont-ils laissé un indice quelconque cette fois-ci? Leur demanda-t-elle en tendant les photos au lieutenant d’une main qui tremblait un peu.
-Il sont toujours aussi prudents. Lui répondit-il gravement en niant de la tête.
-A votre avis, pourquoi n’était-il pas sous surveillance, lui?
-Je suppose qu’ils devaient considérer qu’il n’y avait aucune chance pour qu’il les mène jusqu’à eux.
-C’est étrange…Cette façon d’inverser les symboles religieux est plutôt dans les habitudes des mouvements sataniques. Dit-elle pensivement en s’enfonçant dans son siège et en croisant les bras.
-Seul le corps d’Edouard était renversé. Lui rappela Nathan, s’étonnant intérieurement de la faculté de sa compagne à surmonter si rapidement l’horreur de la situation.
-C’est donc qu’ils le désignent explicitement comme un suppôt de Satan. Conclut Alain avec un haussement d’épaules fataliste.
-Pas lui. Le corrigea-t-elle, le regard toujours perdu dans le vague. Les Témoins de Jéhovah dans leur ensemble. Edouard n’était qu’un symbole.
-Ca ne nous avance pas. Nous le savions depuis le début. Répliqua-t-il, acide, en allant s’asseoir derrière le bureau de Jacques.
-Je sais. C’est leur insistance à les mettre en cause qui me surprend. Dit-elle en réfléchissant à voix haute.
-C’est à dire? Lui demanda le lieutenant.
-Ce n’est pas encore très clair… J’ai l’impression que c’est ce qu’on veut absolument nous faire croire, et pourtant… S’interrompit-elle, tapotant le bureau du bout de ses doigts. C’est tellement insistant que justement, j’ai la sensation qu’il y a autre chose là-dessous…
-Ca, c’est bien le raisonnement d’une femme! Plus vous lui expliquez une chose, mieux elle en comprend une autre! Qui a été victime de ces malades depuis le début? S’énerva-t-il ponctuant sa question d’une vigoureuse claque sur le bureau.
-Les Témoins de Jéhovah et moi, qui, dois-je vous le rappeler, n’en suis pas le moins du monde. Lui répondit-elle avec un petit sourire condescendant.
-Vous vous êtes trouvée au mauvais endroit au mauvais moment, c’est tout. Répliqua-t-il en levant les yeux au ciel, exaspéré par sa faculté à compliquer infiniment les choses les plus évidentes.
-Non, c’est absolument faux et vous le savez. Ils ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour m’attirer dans ce traquenard. Trois coups discrets frappés à la porte les interrompirent.
-Entrez! Aboya le lieutenant. Les yeux rouges de fatigue, le médecin entra.
-Asseyez-vous, je vais demander qu’on nous apporte du café. Nous en avons besoin…
-Qu’avez-vous appris?
-Edouard vous a laissé une petite surprise. Leur annonça-t-il en se laissant tomber plus qu’il ne s’assit sur la chaise la plus proche.
-J’aurais été content s’il nous l’avait amenée lui-même. Maugréa Alain.
-Je m’en doute. Bref, il nous adonné un indice: ceci! Lui annonça-t-il en leur montrant une petite croix argentée.
-Mais comment a-t-il pu la dissimuler? S’étonna Nathan en s’approchant du médecin pour mieux la voir.
-Il l’a avalée! Leur dit-il avec un petit sourire triomphant.
-C’est incroyable! S’exclama Alain.
-Je crois que ce monsieur était fermement déterminé à faire en sorte que ses agresseurs soient démasqués. Remarqua le médecin.
-Puis-je? Lui demanda Marie-Anne en désignant le bijou.
-Faites, je vous en prie… Lui répondit-il en le déposant au creux de sa main. La jeune femme l’examina quelques secondes. C’est le genre de croix que les prêtres portent au revers de leur veste. Conclut-elle en la lui restituant.
-C’est seulement le genre ou c’en est une? La questionna Alain, amer à force de tant de suppositions stériles.
-C’en est une. Confirma le légiste.
-Donc, un prêtre a assassiné un ancien… On nage ne plein délire! Explosa le lieutenant en prenant le ciel à témoin de sa malchance.
-Le moins qu’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une bonne nouvelle! Mettre notre nez dans les affaires de l’église ne nous apportera que des ennuis… Releva Nathan avec découragement.
-Regardez! S’exclama le médecin en désignant la télévision. C’est encore une production des fous de Dieu, si je ne m’abuse.»

Lire la suite: A nouveau, l’homme siégeant sur le trône...

Publié dans L'ange pourpre

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