Des vacances bien méritées

Publié le par Sandrine

Le lendemain, j’aurais dû être la relève de Valérie. Mais quand j’arrivais, je vis avec étonnement Muriel, une ancienne collègue avec qui j’avais travaillé pendant deux ans, avant l’arrivée de Patricia et qui avait démissionné.
« - Et oui, tu vois, il y a des revenants ! Sa présence ne m’était pas désagréable. Nous nous entendions bien lorsque nous avions travaillé ensemble. Aussi étais-je sincère lorsque je lui dis :
- Ca me fait plaisir de te revoir. C’est toi qui remplaces Patricia ?
- Oui et non. Ils avaient besoin de personnel et comme c’est un boulot agréable, j’ai dit oui tout de suite. Tu sais Eric, ce n’est pas facile de trouver du travail, quand on en a un, il faut savoir se taire pour le garder. Tu devrais vraiment discuter avec Alain, il n’est pas méchant, tu le sais. Les affaires vont mal, la somme qu’il te propose c’est vraiment le mieux qu’il puisse faire. Je serrais les dents.
- Ecoute, ça ma fait plaisir que tu sois là, mais fais-moi le plaisir de te mêler de ce qui te regarde. Si Alain a quelque chose à me dire, qu’il le fasse lui-même.
- Au fait, Valérie vient d’apporter le planning. Elle veut que tu le signes. J’étais en avance, j’ai donc pris le temps de l’examiner. Surpris, je découvrais que j’étais en vacances la semaine à venir. Tu vois bien, reprit Muriel, il n’y a pas que des mauvaises nouvelles !
- Je crois que tu as fini ton quart. Tu dois avoir hâte de rentrer pour voir tes filles ? » J’avais été cordial mais ferme. La relève se fit dans le silence. Ce jour-là, j’avais une coupure de deux heures. Quand je revins, c’était Valérie qui se trouvait derrière la caisse.
« - Eric, lorsque l’on a un problème et que l’on arrive en retard, la moindre des corrections, c’est de prévenir. Vous auriez dû prendre votre quart il y a une demie heure. Sans même lui répondre, j’allais dans le bureau vérifier le planning. Il avait été modifié d’un gros pâté de blanc. Elle allait me mener la vie dure. Aussitôt, je pris la décision d’envoyer systématiquement mon planning par fax à mon avocate pour qu’il en reste une trace à chaque fois qu’elle nous le remettrait.
- Excusez-moi, Valérie, j’ai dû faire erreur. Lui dis-je finalement.
- Bon, veillez simplement à ce que ça ne se reproduise pas. C’est très ennuyeux, je dois aller voir mon avocate, je vais être en retard à cause de vous. » Je me mordis les lèvres et pris la caisse. Je suis d’un naturel patient et conciliant, mais j’étais épuisé psychologiquement. Je demeurais persuadé que quiconque se trouvant dans ma situation aurait déjà eu une réaction bien moins placide que tout ce que j’ai pu faire. Cet enfer semblait devoir ne jamais en finir. Je serrais néanmoins les dents. Jean-Michel et moi étions solidaires, c’est d’ailleurs grâce à cela que nous parvînmes à accumuler tous les documents qui serviraient à l’appui de notre dossier. L’emploi du temps n’en finissait plus de changer. Nous étions impuissants. Jean-Michel dût s’absenter une semaine pour maladie. Je crains un moment que la bouffée d’oxygène que représentait la semaine de vacances que je devais avoir ne soit compromise. Dieu merci, il n’en fut rien ! Certes, ce n’était pas pour me ménager, mais peu importait. Il faut dire que même à la maison, je ne trouvais plus la paix, Valérie se permettant de téléphoner sur le portable de Sandra pour lui faire part de reproches à mon encontre ou de directives à me transmettre. Nous avions évoqué ce point avec l’avocate. Elle nous avait conseillé de tout mettre par écrit. Enfin, nous avions un moyen de nous battre et nous ne tardâmes pas à l’utiliser. Le premier recommandé partit quelques jours avant que je ne sois en vacances.

Lire la suite : Mon premier recommandé

Commenter cet article

la nonna 12/07/2014 21:19

j adore te lire, j adoreeee

Un job d'enfer! 12/07/2014 23:05

Oh! Tu ne me vois pas, là, derrière ton écran, mais je t'assure que je rougis!
Bises, ma belle!

la nonna 12/07/2014 21:19

decidement je me regale... les yeux, la tete, j adore