Je suis officiellement licencié...

Publié le par Sandrine

Je tentais de joindre mon avocate, mais elle était partie en vacances. Je pris donc mon mal en patience et attendit presque un mois avant qu’un recommandé ne me parvienne. Je ne me faisais aucune illusion quant aux intentions de Valérie. Même si j’étais surpris de la violence de ses accusations. Elle me vouait une haine terrible que je ne pouvais m’expliquer et les choses avaient pris une tournure et une ampleur qu’elles n’auraient jamais dû avoir. Psychologiquement, je n’arrivais pas à me remettre. Etre la cible d’une telle ignominie et ne rien pouvoir faire pour me défendre me rendait fou. Finalement, le couperet tomba avec ce courrier :
« Monsieur,
Mademoiselle Dupont vous a présenté, aux fins de signature les notes de service numéro de 1 à 7. Vous avez refusé de les signer. C’est la raison pour laquelle, elles vous ont été envoyées par courrier recommandé avec accusé de réception le même jour. Vous avez réceptionné cet envoi, en sorte qu’elles vous sont devenues opposables à même date. La note de service numéro quatre vous faisait obligation, et ce par mesure de sécurité, de procéder à une remise au coffre dès que l’écran de caisse affichait « coffre » soit à hauteur de 300 euros. Sur l’un de vos quarts, vous avez procédé à deux remises en coffre, une de 800 euros et la seconde de 1200 euros. Le lendemain, la gérante s’est présentée sur le site pour réaliser les opérations de vérification des caisses et de comptages.
Eu égard à la défiance que vous affichez depuis quelques temps à son égard, elle a pris l’habitude de réaliser ces opérations en présence d’un tiers, afin d’éviter toute contestation possible.
Cette personne a immédiatement constaté qu’il manquait une remise. Après vérifications, il s’est avéré que la remise annoncée par vous pour un montant de 1200 euros n’était pas dans le coffre. Immédiatement, la gérante vous a demandé où était cette remise. Vous avez affirmé que vous l’aviez mise au coffre. Elle vous a alors demandé d’y réfléchir pendant la nuit. Le lendemain vous n’aviez toujours pas d’explication à donner sur la disparition de cette enveloppe contenant la somme de 1200 euros.
Force est de constater qu’en violation du dispositif de sécurité mis en place pour protéger les personnes en caisse et les biens, vous n’avez pas opéré des remises au coffre régulières et d’un montant maximum de 300 euros.
L’infraction à ces directives a généré pour notre société la perte d’une enveloppe de remise au coffre contenant la somme de 1200 euros.
Il est évident que si vous aviez respecté les consignes qui vous avaient été données, cette perte aurait pu être limitée à 300 euros. En outre, au cours d’une autre vacation, vous avez procédé à cinq remises en coffre, dont trois supérieures à 300 euros (500,400 et 700 euros) et cela en violation des instructions et des directives qui vous avaient été données.
De plus, vous nous avez remis un arrêt de travail daté du samedi.
La surcharge de la date ayant attiré notre attention, nous nous sommes rapprochés du médecin qui l’a établi. Ce dernier nous a informé que son cabinet était fermé le samedi, et qu’il ne vous avait reçu que le lundi. En sorte que vous avez fourni un arrêt de travail dont la date a été falsifiée afin de bénéficier d’une prise en charge financière par la sécurité sociale et par notre société.
Nous considérons que ces faits d’une extrême gravité, caractérisés par le non respect des consignes de sécurité relatives au montant des remises au coffre ayant engendré une perte sèche de 1200 euros pour notre société suite à la disparition d’une enveloppe de remise au coffre contenant la dite somme, votre volonté affichée de ne pas respecter les directives données par la gérante caractérisée par la récidive, dès le lendemain de cette perte, de l’action de remise au coffre de plusieurs remises d’un montant supérieur à 300 euros, la remise à votre direction d’un arrêt de travail falsifié en sa date d’établissement afin de pouvoir bénéficier d’une prise en charge financière tant par la sécurité sociale que par votre employeur, ont nui au bon fonctionnement de notre société, lui ont causé un préjudice financier important, et mettent en péril sa pérennité.
Les explications que vous nous avez données au cours de notre entretien préalable à une mesure de licenciement , auquel vous vous êtes présenté et fait assister par un conseiller extérieur à l’entreprise, ne nous ont pas permis de modifier notre appréciation des faits.
Nous vous informons, en conséquence, que nous avons décidé de vous licencier pour faute grave ayant nui au bon fonctionnement de notre société, lui ayant causé un préjudice financier important, mettant en péril sa pérennité et ayant nui à la bonne marche de notre entreprise, savoir :
- Non respect des consignes de sécurité relatives aux montants des remises au coffre ayant engendré une perte sèche de 1200 euros pour notre société suite à la disparition d’une enveloppe de remise au coffre contenant la dite somme,
-Votre volonté affichée de ne pas respecter les directives données par la gérante caractérisée par la récidive, dès le lendemain de cette perte, de l’action de mise au coffre de plusieurs remises d’un montant supérieur à 300 euros,
- La remise à votre direction d’un arrêt de travail falsifié en sa date d’établissement afin de pouvoir bénéficier d’une prise en charge financière tant par la sécurité sociale que par votre employeur.
Compte tenu de la gravité des fautes reprochées, votre maintien dans l’entreprise s’avère impossible. En conséquence, la présente lettre recommandée mettra un terme à votre contrat au sein de notre entreprise, sa première présentation fixera la date effective de la rupture de notre relation contractuelle.
Votre reçu pour solde de tout compte sera arrêté au jour de la première présentation de la présente, sans indemnité de préavis et de licenciement.
Nous tiendrons à votre disposition sur le lieu de travail les documents sociaux suivants :
Votre fiche de paye et son règlement,
Votre certificat de travail,
Votre reçu de solde de tout compte,
Votre attestation ASSEDIC.
Au jour de votre venue sur le site, pour retirer les documents sociaux ci-dessus énoncés, vous voudrez bien nous restituer les tenues de travail en votre possession en bon état de propreté et les clés de la station.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués. »

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