L’ambulance arriva un quart d’heure...

Publié le par Sandrine

L’ambulance arriva un quart d’heure plus tard mais son arrivée ne rassura pas la jeune femme qui se sentait menacée où qu’elle soit. Jamais elle ne s’était sentie si vulnérable et la présence de Nathan à ses côtés ajoutait à ses angoisses la crainte de l’entraîner dans sa chute et elle s’aperçut à cette pensée à quel point cet homme avait pris une place importante dans sa vie qu’elle était désormais incapable de concevoir sans lui.
Le véhicule blanc au caducée bleu se gara juste devant l’entrée du bâtiment et ouvrit largement ses portes arrière pour masquer autant que possible malgré les vitres qui s’y trouvaient Nathan et Marie-Anne au moment où ils y pénétreraient. Deux brancards furent introduits dans la gendarmerie et le médecin intima d’un geste aux ambulanciers de s’arrêter devant eux.
«-Allongez-vous. Leur ordonna-t-il. Instinctivement, Marie-Anne se rebiffa.
-Pas question! S’exclama-t-elle en reculant d’un pas.
- Soyez raisonnable. Vous savez que c’est une précaution nécessaire.» La persuada le médecin qui avait perçu la lueur d’affolement qui avait traversé son regard. Elle laissa échapper un profond soupir et, glacée, s'étendit sur le brancard en fermant les yeux. Aussi court qu'il fut, ce trajet fut l'un des plus désagréables qu’il lui eut été donné de vivre et leur arrivée dans les locaux immaculés à l’odeur omniprésente de produits antiseptiques ne s’avéra pas moins une épreuve pour elle. Le bras de Nathan qui s’enroula autour de ses épaules et la chaleur de son corps au parfum musqué lui rappela à point nommé que tout ceci n’était qu’un mal nécessaire pour préserver la vie bouillonnante qui ruisselait dans ses veines et sa respiration reprit un rythme plus régulier. Le médecin les introduisit avec courtoisie dans son bureau et s’apprêta à les quitter aussitôt.
«- Je vais faire en sorte de vous amener un petit-déjeuner convenable. Ca vous remontera un peu le moral. Leur expliqua-t-il avant de tourner les talons.
-Sans vouloir abuser de votre hospitalité, il nous faudrait également une télévision. Lui demanda Marie-Anne avec une pointe d’hésitation due à son intimidation de se retrouver dans cet univers auquel elle devait encore s’habituer.
-Je vais vous trouver ça.» Lui affirma-t-il avec un sourire aimable.

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Publié dans L'ange pourpre

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