Là, ça va très mal tourner!

Publié le par Sandrine

«- Là, ça va très mal tourner! Commenta Marie-Anne, en niant de la tête.
-Il ne s’est rien passé de capital après les premières émissions… Tempéra Alain.
-Le premier cavalier représente le pouvoir : ils vont s’en prendre aux chefs d’états. Le deuxième symbolise la guerre: ils vont saboter les relations diplomatiques entre les gouvernements pour déclencher des conflits. Le troisième, c’est la famine: ils vont générer un crash boursier. Le dernier, c’est la mort et les maladies et j’aime autant ignorer ce qu’ils vont inventer… Vous m’avez demandé d’anticiper, c’est fait! A vous de prendre le relais! Conclut-elle en fichant son regard dans le sien.
-Mais tout cela est déjà étroitement surveillé! Lui répondit-il avec un énervement stérile.
-Si ça l’est aussi bien que les centrales, nous avons beaucoup de souci à nous faire. Rétorqua fermement Nathan, blanc de colère en le regardant droit dans les yeux. Le lieutenant détourna le regard pour ne pas le voir.
-Et que voulez-vous que j’y fasse? Répondit-il avec un geste agacé d’impuissance.
-Rappelez les renseignements généraux, montrez-leur leurs insuffisances et conseillez-leur de mettre les chefs d’états sous clef, de cesser les activités diplomatiques et boursières jusqu’à ce que ces malades soient appréhendés une bonne fois pour toutes et de mettre les hôpitaux en état d’alerte maximale. C’est la seule chose à faire. Lui répondit-elle avec une dureté qu’il ne lui connaissait pas.
-Mettre le monde en panne, quoi! Brillante idée! Explosa-t-il, se sachant incapable d’accomplir pareil miracle.
-Chaque fois qu’ils ont annoncé quelque chose cet été, ils sont allés au bout de leur action. Martela-t-elle froidement, disant tout haut ce que chacun se disait tout bas.Alors, personnellement, j’aime autant ne pas attendre les bras croisés de voir ce qui va se passer! S’exclama-t-elle en prenant son téléphone.
-Mais que faites-vous? Lui demanda-t-il avec méfiance.
-Si les autorités compétentes ne vous écoutent pas, la pression des médias et de l’opinion publique devraient les faire plier.
-Vous rendez-vous compte de ce que vous allez faire?
-Parfaitement! Je vais déclencher une panique générale qui va faire réagir qui de droit. Et pas d’objection! Je ne m’expose pas personnellement. Le lieutenant, ulcéré, la fixa d’un regard assassin. Voyant qu’elle le soutenait sans faillir, il sortit et claqua la porte.
-Tu es vraiment sûre de savoir ce que tu fais? L’interrogea Nathan, anxieux.
-Plus ou moins… Lui répondit-elle avec une belle inconscience. Il pressa doucement son épaule en se levant et elle respira plus librement en sachant qu’il ne désapprouvait pas son initiative. Elle commençait à composer le numéro de Roland dont elle connaissait les nombreuses relations quand elle suspendit son geste et leva les yeux vers Nathan qui s’apprêtait à fermer la porte derrière lui.
-Où vas-tu?
-Chercher Jacques. Lui et moi avons quelqu’un à voir.
-Ne faites pas de folie! Tu veux que je prévienne le lieutenant? Lui demanda-t-elle en plaisantant. Nathan eut un sourire entendu.
-J’aime autant qu’il l’ignore pour l’instant, tu le connais… Avisant soudain le légiste, elle lui tendit le téléphone.
-Vous n’avez plus qu’à valider le numéro et expliquer la situation à votre interlocuteur. Je viens avec toi! Annonça-t-elle à Nathan qui niait déjà de la tête.
-Pas question!
-Tu as besoin de moi. Insista-t-elle.
-Oui et vivante de préférence.
-Ce sera à toi de faire le nécessaire pour que ce soit le cas. Répliqua-t-elle, inflexible. Puis, froidement. Ils nous les faut vivants sans quoi ils ne nous seront d’aucune utilité. Ils manquent cruellement d’expérience et c’est moi qu’ils veulent. Exploitons cette faiblesse et nous aurons une chance d’aboutir. Nathan ficha ses yeux dans les siens avant de répondre.
-Je ne te lâcherai pas des yeux une seconde. Dès qu’ils te verront, ne fais pas de zèle : si tu as le moindre doute, fuis. C’est clair?
-Allons-y.» La voix du lieutenant retentissait dans le couloir, désagréablement sonore et menaçante. Profitant de sa colère téléphonique, ils s’éclipsèrent sans que le gendarme préposé à l’accueil ne prête attention à eux.

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Publié dans L'ange pourpre

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