La convocation à l'entretien préalable de licenciement

Publié le par Sandrine

J’étais en arrêt maladie depuis moins de deux semaines lorsque je reçus la lettre fatidique. Le facteur qui voyait ma mine s’assombrir à mesure qu’il me transmettait des plis recommandés, s’en excusa tant il se sentait coupable de n’apporter que des mauvaises nouvelles. La gorge nouée, je décachetais le courrier.
« Monsieur,
La gérante Mademoiselle Dupont vous a présenté aux fins de signature, les notes de service n° 1 à 7. Vous avez refusé de les signer. C’est la raison pour laquelle, elles vous ont été envoyées par courrier recommandé avec accusé de réception le même jour. Vous avez réceptionné cet envoi, en sorte qu’elles vous sont devenues opposables à la même date. La note de service n°3, vous faisait obligation et ce par mesure de sécurité, de procéder à une remise au coffre dès que l’écran de caisse affichait coffre soit à hauteur de 300 euros.
Le jeudi, en violation de cette note, sur votre quart, vous avez procédé à deux remises en coffre, une de 800 euros et la seconde de 1200 euros.
Le lendemain, la gérante s’est présentée sur le site pour réaliser les opérations de vérification des caisses et de comptages.
Eu égard à la défiance que vous affichez depuis quelques temps à son égard, elle a pris l’habitude de réaliser ces opérations en présence d’un tiers, afin d’éviter toute contestation possible.
Cette personne a immédiatement constaté qu’il manquait une remise.
Après vérification, il s’est avéré que la remise d’un montant de 1200 euros n’était pas dans le coffre. Immédiatement la gérante vous a demandé où était cette remise. Vous avez affirmé que vous l’aviez remise au coffre. Elle vous a alors demandé d’y réfléchir pendant la nuit.
Le lendemain, vous n’aviez toujours pas d’explication à donner sur la disparition de cette enveloppe contenant la somme de 1200 euros.
En violation du dispositif de sécurité mis en place pour protéger les personnes en caisse et les biens, vous n’avez pas opéré des remises en coffre régulières et d’un montant maximum de 300 euros.
L’infraction à cette directive a généré la perte d’une enveloppe de remise au coffre contenant une somme de 1200 euros. Il est évident que si vous aviez respecté les consignes qui vous avaient été données, cette perte aurait pu être limitée à 300 euros.
En outre, dès le lendemain, vous avez procédé à cinq remises au coffre, dont trois supérieures à 300 euros ( 500,400 et 700 euros).
De plus, vous nous avez remis un arrêt de travail daté du samedi.
La surcharge de la date ayant attiré notre attention, nous nous sommes rapprochés du médecin qui l’a établi. Ce dernier nous a informé que son cabinet était fermé le samedi, et qu’il ne vous a reçu que le lundi.
En sorte que vous avez fourni un arrêt de travail dont la date a été falsifiée afin de bénéficier d’une prise en charge financière par la sécurité sociale et par notre société.
Nous considérons que ces faits d’une extrême gravité, caractérisés par le non respect des consignes de sécurité relatives au montant des remises au coffre ayant engendré une perte sèche de 1200 euros pour notre société suite à la disparition d’une enveloppe de remise au coffre contenant la dite somme, votre volonté affichée de ne pas respecter les directives données par la gérante caractérisée par la récidive, dès le lendemain de cette perte, de l’action de remise au coffre d’un montant supérieur à 300 euros, émission d’un arrêt de travail falsifié en sa date d’établissement afin de pouvoir bénéficier d’une prise en charge financière tant par la sécurité sociale que par votre employeur, nuisent au bon fonctionnement de notre société, lui ont fait perdre des sommes importantes, mettent en péril sa pérennité, ce qui nous amènes à envisager à votre égard une procédure de licenciement.
Conformément à la loi, nous vous prions de bien vouloir vous présenter dans dix jours à réception de la présente sur votre lieu de travail habituel pour un entretien avec la gérante, Mademoiselle Dupont, au sujet de cette procédure de licenciement.
Toutefois cette convocation ne préjuge pas de la décision définitive qui sera prise à l’issue du délai de réflexion qui nous incombe et au regard des explications par vous données.
Nous vous précisons que vous avez la possibilité de vous faire assister lors de cet entretien par une personne de votre choix appartenant au personnel de l’entreprise.
Conformément à la loi, vous avez également la possibilité de vous faire assister lors de cet entretien par une personne de votre choix, inscrite sur la liste établie par le préfet.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos salutations distinguées. »

Lire la suite : L'entretien de licenciement

Commenter cet article