La fin d'un usage

Publié le par Sandrine

Les choses reprirent un cours normal pour quelques jours. Puis vint l’emploi du temps. Depuis plus de deux ans, je faisais les horaires du matin. Il était presque de coutume dans la station qu’ils soient dévolus au caissier le plus ancien. C’étaient évidemment des horaires plus pratiques pour préserver une vie sociale et familiale. Mais cela n’allait pas sans contrepartie, même si rien n’avait jamais été clairement exprimé à ce sujet. Cette contrepartie n’était autre que de faire les commandes auprès des divers fournisseurs, de réconcilier les caisses et de rentrer les jaugeages sur l’ordinateur. Comme je l’ai déjà dit, Alain n’était quasiment jamais présent à la station. Il se contentait grosso modo de venir chercher les caisses tous les deux ou trois jours et de remettre l’argent en banque. Donc, le lendemain de mon jour de repos, je découvrais, posé sur le bureau, mon nouvel emploi du temps. Emilie n’avait pas menti. A chaque fois qu’elle travaillait, les matins lui étaient réservés. J’avoue avoir ressenti une profonde colère, me sentant inexplicablement bafoué dans mes prérogatives. Cependant, encore une fois, je me raisonnais. Evidemment, elle restait ici pour nous permettre à tous de prendre des vacances plus régulièrement, de façon à ce que la situation dans laquelle je m’étais trouvé avec ces quarante jours à apurer ne se reproduise plus. D’ailleurs, elle continuait à travailler une moitié du temps à l’autre station. Evidemment, il fallait concilier ces horaires et ce n’était sans doute pas évident. Je me dis donc que j’étais trop tendu ces derniers temps et que je prenais les choses trop à cœur. Cependant, à partir de ce jour, je ressentais toujours une forme de tension larvée en venant travailler. Je tentais de ne rien laisser filtrer des sentiments que je ressentais à l’égard d’Emilie. Jean-Michel, lui ne faisait aucun effort envers elle : il ne l’aimait pas, c’était ferme et définitif.

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Vénusia 28/07/2014 14:04

difficile de cacher les sentiments qui nous agitent , surtout en face de personnes avec qui l'on a aucuns atomes crochus. je connais trop ce sentiment et comme je ferais un très mauvais diplomate, on devine la suite (rires)
je lis un peu de temps en temps, quand je peux tes textes et j'aime
merci
bonne journée

coco de Nice 19/07/2014 07:22

bonjour
je découvre ton blog et cette histoire incroyable, je lis en diagonale pour commencer puis suis prise par ce qui arrive au héros,
je me régale à te lire et finis par tout reprendre au début .. du coup, je n'ai pas fini ma lecture, je m'empresse de mettre ton site dans mes favoris pour ne pas en perdre une miette, je reviendrai comme disait l'autre
merci beaucoup de ta visite sur mon blog, reviens quand tu veux
je te souhaite un très bon week-end